L’année dernière, Affoua Mea, 64 ans, a pu acheter son propre terrain grâce au soutien d’une association qui lutte contre les inégalités entre les sexes dans l’accès à la propriété foncière agricole en Côte d’Ivoire.
Côte d'Ivoire : 5 % des femmes possèdent des terres agricoles, les ONG tentent de combler l'écart
L’agriculture constitue depuis longtemps le pilier de l’économie de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Pourtant, seules 5 % des femmes possèdent des terres agricoles contre 25% pour les hommes. Une telle inégalité n’est pas rare en Afrique subsaharienne pourtant les femmes représentent près de la moitié de la main-d’œuvre agricole, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
Affoua Mea s’est lancée dans la culture de l’hévéa et savoure aujourd’hui l’autonomie que lui procure cette activité : je suis vraiment indépendante et libre parce que ce que je fais, c’est pour moi-même. C’est moi qui ai réalisé tout cela. Donc je me sens libre et je suis contente.
Dans certaines régions du pays, les filles ne sont toujours pas autorisées à hériter d’une parcelle de terre : Dans ces zones, c’est très difficile pour les femmes. On ne peut pas les laisser dans cette situation. Il faut alors entamer des négociations, soit avec les chefs de terre, les chefs de village, les autorités coutumières, soit avec les maris, afin qu’ils acceptent de céder une petite portion de terre à leurs épouses, explique Jacqueline N’Guessan, représentante des productrices d’hévéa.
Affoua Mea a bénéficié du soutien de l’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC), qui propose aux femmes des subventions couvrant jusqu’à 80 % du coût d’achat des plants d’hévéa. Depuis 2009, environ 2 500 femmes ont ainsi pu acquérir des plants à prix réduit grâce à ce programme destiné aux productrices les plus modestes.
Ce programme de subventions est financé par les cotisations mensuelles versées par les producteurs. Grâce à la parcelle qu’elle possède désormais, Affoua Mea gagne environ 116 dollars par mois, soit l’équivalent du salaire minimum dans le pays.