L’île Maurice menace de saisir la justice contre le Royaume-Uni

Le Premier ministre britannique Keir Starmer au quartier général militaire du nord-ouest de Londres, le 22 mai 2025.   -  
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L’île Maurice envisage de poursuivre le Royaume‑Uni en justice en raison du retard dans la ratification de l’accord portant sur l’archipel des Chagos, a annoncé le Premier ministre mauricien, Navin Ramgoolam.

Le gouvernement aurait commencé à consulter des cabinets spécialisés en droit international, alors que le transfert officiel de souveraineté reste en suspens.

L’accord, signé en mai 2025, prévoit que le Royaume‑Uni cède la souveraineté des îles Chagos à Maurice, tout en conservant l’usage stratégique de la base militaire de Diego Garcia, exploitée conjointement avec les États‑Unis. Ce territoire est considéré comme un atout militaire clé dans l’océan Indien, notamment pour les opérations américaines au Moyen‑Orient.

Cependant, le processus de ratification serait actuellement bloqué au Parlement britannique et fait l’objet d’une pression politique accrue, notamment après les critiques de Donald Trump. L’ancien président américain a exprimé sa déception que la base de Diego Garcia n’ait pas pu être utilisée pour des frappes contre l’Iran, qualifiant la cession envisagée de « grande erreur stratégique ».

L’accord inclurait également un volet financier. Selon les projections, le Royaume‑Uni pourrait verser à Maurice jusqu’à 170 millions de livres par an, soit près de 35 milliards de livres sur le siècle à venir. Port‑Louis envisagerait d’utiliser ces fonds pour soutenir ses finances publiques fragilisées.

Face à ces incertitudes et aux retards répétés, le gouvernement mauricien a indiqué qu’il pourrait recourir à la justice internationale pour faire avancer le dossier et garantir ses droits sur l’archipel.

Cette démarche intervient alors que les Maldives, également revendicatrices de l’archipel, ont laissé entendre qu’elles pourraient elles aussi contester l’accord devant la Cour internationale de justice.

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