Depuis ce samedi 28 février, Israël et les États-Unis mènent une offensive contre le régime islamique de Téhéran. Dans quelles mesures ce conflit pourrait-il impacter le continent africain ?
Conflit au Moyen-Orient : quels risques pour l'Afrique ?
Dès les premières heures du conflit, le guide suprême Ali Khamenei a été éliminé. En riposte, l’Iran a lancé des frappes contre des bases américaines dans plusieurs pays du Golfe. Depuis, le conflit s’est étendu dans tout le Moyen Orient.
Face à la menace, les principaux pays fournisseurs de pétrole de la région voient leur activité ralentir. Le trafic dans le détroit d’Ormuz est paralysé depuis plusieurs jours … L’Iran ayant juré de "brûler vif quiconque tenterait de traverser l’espace".
Une situation qui pourrait avoir des conséquences majeures sur l’économie internationale puisqu'environ un cinquième du pétrole brut mondial transite par ce détroit de seulement 40 km de large, essentiel pour les pays du Golfe (Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis…).
Selon la société d'analyse de fret Vortexa, plus de 20 millions de barils de pétrole brut et de carburants ont transité quotidiennement par le détroit, en 2025.
Les prix mondiaux de l'énergie continuent d'augmenter depuis le début des attaques.
Le Brent, référence internationale pour le prix du pétrole, a dépassé les 80 dollars le baril ce lundi, soit son niveau le plus élevé depuis juillet 2024. La progression devrait se poursuivre dans les jours à venir, selon certains analystes, il pourrait même finir par dépasser les 100 dollars, comme au début de la guerre en Ukraine, en février 2022.
L'Afrique doit-elle craindre le pire ?
Selon les observateurs, l'impact économique du conflit dépendra surtout de sa durée, mais sur le continent les premiers signes se font sentir.
Au Sénégal, le premier ministre Ousmane Sonko a présidé mardi une réunion spéciale sur l’évolution du secteur des produits pétroliers, avec pour objectif de sécuriser l’approvisionnement du Sénégal.
Dès lundi, il alertait sur les risques de perturbations économiques dans le monde et plus particulièrement en Afrique face à l’intensification du conflit au Moyen-Orient.
Il a souligné que des pays dépendants des importations d’hydrocarbures, comme le Sénégal, pourraient subir des répercussions significatives. Inquiétude et prudence aussi du côté de l’Afrique du Sud. Les prix du carburant sont en hausse au mois de mars, reflétant la hausse des prix mondiaux du brut et la faiblesse du rand pendant la période de révision des prix. Les prix à la pompe au Nigeria ont augmenté d'environ 14 % cette semaine. La Tanzanie annonce une hausse également.
Trafic aérien mondial perturbé
Le conflit a aussi conduit à un bouleversement du trafic aérien et du tourisme. Plusieurs pays du Golfe, visés par les frappes iraniennes, ont fermé leur espace aérien pour une durée indéterminée. Des milliers de vols ont aussi été annulés.
La guerre pourrait mettre à mal l'attractivité de la région, notamment des villes comme Dubaï, réputée pour le tourisme et considérée comme une ville neutre, bien loin des conflits mondiaux.
Au 6ᵉ jour du conflit, l'armée israélienne affirme que ses frappes "continuent d'ébranler" le "régime" iranien. Les gardiens de la Révolution déclarent avoir touché un pétrolier américain dans le Golfe. Les explosions continuent de retentir dans plusieurs capitales de la région.