Le Zimbabwe a annoncé ce mercredi l’interdiction immédiate des exportations de tous les minerais bruts et concentrés de lithium, et ce jusqu’à nouvel ordre.
Le Zimbabwe interdit l'exportation de concentré de lithium
Initialement, cette mesure ne devait entrer en vigueur qu’en janvier 2027. Le gouvernement espérait ainsi laisser le temps aux sociétés minières de mettre en place des capacités locales de transformation et de raffinage, afin de renforcer la valeur ajoutée sur son territoire.
Mais selon Nick Mangwana, secrétaire permanent au ministère de la communication la période transitoire a provoqué l’effet inverse. Au lieu de se préparer à la valorisation locale, certains opérateurs se seraient engagés dans une exploitation accélérée, cherchant à extraire et exporter un maximum de lithium brut avant l’échéance prévue. Les autorités affirment également avoir reçu des informations faisant état de stocks importants de lithium entreposés illicitement dans un pays voisin. Le gouvernement dénonce un « pillage » compromettant l’avenir économique du pays.
Premier producteur africain de lithium et détenteur de l’une des plus importantes réserves mondiales, le Zimbabwe joue un rôle clé dans l’approvisionnement de ce minerai stratégique, essentiel notamment pour les batteries de véhicules électriques.
Selon les données officielles, les exportations de concentré de lithium principalement vers la Chine ont atteint 1,5 million de tonnes métriques l’année dernière, générant 571,6 millions de dollars de recettes publiques. Toutefois, des voix critiques estiment que la stratégie de transformation locale arrive tardivement. Selon elles, le pays aurait déjà perdu plusieurs années de revenus potentiels dans un contexte économique national fragilisé.