Neuf hommes ont été renvoyés devant le tribunal nigérian pour le massacre de plus de 150 habitants dans le village majoritairement chrétien de Yelwata, dans le Middle Belt.
Nigeria : procès de 9 suspects du massacre de Yelwata sous pression américaine
Cette procédure judiciaire rare survient alors que le Nigeria fait face à de fortes pressions des États-Unis, qui l’ont inscrit sur une liste noire pour violations de la liberté religieuse, ouvrant la voie à d’éventuelles sanctions et à des discussions diplomatiques de haut niveau avec Washington.
La Première Dame nigériane, Remi Tinubu, a récemment rencontré des parlementaires américains, tandis qu’un « groupe de travail conjoint » a été créé pour examiner la protection des minorités religieuses. Allison Hooker, numéro trois du Département d’État américain, a souligné que, malgré les progrès enregistrés, le Nigeria « doit en faire davantage pour protéger les communautés chrétiennes ».
Dans ce contexte, le système judiciaire nigérian est mis à l’épreuve. Selon Ibrahim Angulu, avocat de la défense, « nous avons deux demandes. La première conteste certains chefs d’accusation, car ils ont été dupliqués, le même délit apparaissant plusieurs fois. La seconde concerne la demande de mise en liberté sous caution du premier prévenu ». Le tribunal doit également tenir compte de considérations humanitaires comme l’explique Ibrahim Angulu : « comme vous le voyez, le premier prévenu a subi un AVC. Ainsi, pour des motifs humanitaires, nous demandons à la cour de lui permettre d’être soigné dans un hôpital, au lieu de rester en prison. ».
Parallèlement, la coopération militaire entre les États-Unis et le Nigeria s’intensifie, avec le partage de renseignements, la formation des forces nigérianes et la vente accélérée d’armes. Cette dynamique vise à stabiliser la région, mais elle reste controversée pour certaines communautés et parlementaires américains qui réclament des garanties sur la protection des populations chrétiennes et des musulmans non radicalisés.