Soudan : les Forces de soutien rapide s’emparent d’Al-Tina, près de la frontière tchadienne

Le général Mohammed Hamdan Dagalo salue la foule ldans l'État du Nil au Soudan, le 13 juillet 2019.   -  
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Les Forces de soutien rapide (FSR), groupe paramilitaire soudanais en conflit ouvert avec l’armée depuis avril 2023, ont annoncé samedi 21 février avoir pris le contrôle de la localité d’Al-Tina, située à la frontière avec le Tchad. Cette avancée survient après la conquête, en décembre dernier, de deux villes voisines.

Al-Tina était auparavant sous le contrôle des Forces conjointes, alliées de l’armée régulière du Soudan. Dans un communiqué publié sur leur chaîne Telegram, les FSR affirment avoir "pris le contrôle total de la ville stratégique d’Al-Tina, dans l’État du Darfour-Nord", accompagnant leur annonce d’une vidéo montrant des combattants célébrant leur victoire sous une banderole portant le nom de la ville. À ce stade, l’armée soudanaise n’avait pas encore réagi.

Le gouverneur du Darfour, Minni Minnawi, proche de l’armée, a dénoncé cette prise comme un "comportement criminel répété qui incarne les pires formes d’exactions à l’encontre d’innocents". Depuis fin octobre, les FSR contrôlent désormais la quasi-totalité du Darfour, après la chute d’El-Facher, dernier bastion de l’armée dans la région.

Les captures de villes par les paramilitaires ont été marquées, selon de nombreux rapports, par des massacres, des viols et des enlèvements. Jeudi, la mission indépendante d’établissement des faits de l’ONU sur le Soudan a qualifié ces violences d’"actes de génocide".

Les tensions le long de la frontière tchadienne restent élevées : les FSR ont mené plusieurs attaques dans cette zone, causant notamment la mort de deux soldats tchadiens fin décembre. Le conflit soudanais, en cours depuis près d’un an, a déjà fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déraciné jusqu’à 14 millions de personnes, ce que l’ONU décrit comme "la pire crise humanitaire au monde".

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