Gabon : la suspension des réseaux sociaux qualifiée de '' violation de la constitution''

Le président gabonais Brice Oligui Nguema à l'aéroport international Léon-Mba de Libreville, au Gabon, le 23 novembre 2025.   -  
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Au Gabon, la suspension par les autorités des réseaux sociaux jusqu’à nouvel ordre passe mal. La mesure est jugée répressive par l’opposition. 

 Pour l’ancien premier ministre gabonais Alain-Claude Bilie-By-Nze la suspension constitue une violation de la constitution. 

"C'est une décision complètement incompréhensible parce qu'elle viole la Constitution, elle viole les droits des citoyens, elle viole la liberté d'expression et elle ne repose sur rien cette décision. La HAC [Haute autorité de la communication] n'a pas du tout autorité à prendre une telle décision, c'est disproportionné, c'est un abus que nous condamnons totalement." a-t-il déclaré. 

Et d'ajouter : "Cette décision, elle est totalement incongrue parce qu'aujourd'hui de nombreuses entreprises, des PME, des jeunes entrepreneurs ne vivent que des réseaux sociaux. Ce n'est pas du tout aujourd'hui un élément d'attrait pour s'amuser. C'est vraiment un outil de travail. Et pour un pays qui a des difficultés économiques, on voit que le budget va mal, c'est vraiment contre-productif. Je ne sais pas s'ils ont réfléchi en prenant une telle mesure et je les appelle à réfléchir rapidement, à revenir à la réalité, libérer les réseaux sociaux parce que beaucoup de gens en vivent." 

NetBlocks, un observatoire de la connectivité a confirmé mercredi, des restrictions touchant plusieurs plateformes en ligne au Gabon. Privés de leurs outils de travail et donc de leur source de revenus, les créateurs de contenus son amers.  

"C'est la conséquence directe déjà premièrement en tant que créateur que l'on voit, puisque, on peut plus rentabiliser sur... Déjà qu'au Gabon, on a du mal avec la monétisation des réseaux, donc c'est des contrats qui nous permettent d'exister. Là, très clairement, on ne peut plus répondre favorablement à nos partenaires, d'autant plus qu'on a des partenaires qui sont à l'extérieur, ce qui est le cas pour moi par exemple. Donc je ne peux même plus travailler et respecter ce qui a été décidé avec eux.", explique Mister Wils, créateur de contenus.

Face à la donne, l’opposition a appelé les groupes civils « et tous les Gabonais attachés à la liberté à se mobiliser et à bloquer ce qu’elle appelle un’’ excès destructeur de liberté.’’ 

 

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