Afrique : relever le défi de l’électricité et du numérique

Walid Sheta Président de la zone Moyen-Orient & Afrique de Schneider Electric   -  
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L’électricité manque encore dans de nombreuses régions d’Afrique. Pourtant, le continent trouve des solutions locales pour avancer. Les microgrids, de petits réseaux électriques autonomes souvent alimentés par le soleil ou d’autres énergies renouvelables, permettent déjà d’alimenter villages, villes, hôtels et zones industrielles. C’est ce qu’explique Walid Sheta, président de Schneider Electric Moyen-Orient & Afrique, lors du Sommet mondial des gouvernements à Dubaï.

« Le modèle européen des grands réseaux interconnectés n’est pas adapté à l’Afrique. Les microgrids apportent une solution concrète pour répondre aux besoins locaux », dit-il.

Malgré ces initiatives, certaines populations restent sans électricité fiable. Pour que ces projets fonctionnent, il faut un écosystème complet : investisseurs, régulation et financement adaptés.

« Le vrai défi est de coordonner gouvernements, entreprises et partenaires financiers pour électrifier chaque territoire avec une solution adaptée », précise Walid Sheta.

L’IA en Afrique : un potentiel freiné par l’énergie

La jeunesse africaine est très digitale et utilise déjà l’IA dans son quotidien et pour lancer des start-up. Mais l’accès à l’électricité fiable reste le principal frein au développement du numérique sur le continent. Les centres de calcul nécessaires pour faire tourner des projets d’IA consomment énormément d’énergie, et sans microgrids stables ou infrastructures adaptées, beaucoup de projets restent limités.

« Certains pays, comme le Kenya, disposent d’énergie géothermique, mais fournir assez d’électricité pour soutenir l’innovation numérique reste un défi », explique Walid Sheta. « Les microgrids et les énergies renouvelables locales sont une solution concrète pour permettre à l’Afrique de déployer pleinement ses talents et son potentiel technologique. »

Retenir et développer les talents africains

Un autre défi : les compétences locales. Elles existent, mais quittent souvent le continent.

« Il faut retenir les talents africains pour résoudre les problèmes locaux », insiste Walid Sheta. « L’IA et le numérique créent des emplois qualifiés. Pour que ces emplois restent en Afrique, les talents doivent être développés localement et soutenus par des projets adaptés. »

« Nous voyons avec optimisme que les gouvernements soutiennent le secteur privé tech et facilitent les investissements sur le continent », conclut-il.

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