Au Kenya, le prédicateur autoproclamé Paul Nthenge Mackenzie, déjà poursuivi dans l’affaire du massacre de Shakahola, sera inculpé pour 52 décès supplémentaires, ont annoncé les procureurs lundi.
Kenya : le pasteur de la secte de Shakahola inculpé pour 52 autres décès
Figure centrale d’une secte prônant le jeûne extrême, Mackenzie est lié à la mort de plus de 400 personnes, dans ce qui est considéré comme l’une des pires tragédies sectaires au monde. L’affaire avait éclaté en 2023 avec la découverte de centaines de corps dans la forêt de Shakahola, près de la station balnéaire de Malindi, sur la côte kenyane.
Déjà jugé à Mombasa pour de multiples chefs d’accusation d’homicide involontaire, qu’il conteste, le prédicateur reste en détention. Mais la découverte, l’an dernier, de nouveaux corps dans le village isolé de Binzaro, à une trentaine de kilomètres de Shakahola, a relancé l’enquête.
Selon le parquet, ces décès montrent que la secte aurait continué à opérer malgré l’arrestation de son chef. Un tribunal de Malindi a autorisé l’inculpation de Mackenzie et de plusieurs coaccusés pour des faits incluant meurtre, radicalisation et facilitation d’actes terroristes.
Les procureurs estiment que Mackenzie a orchestré ces crimes en utilisant des enseignements religieux radicaux pour attirer ses victimes. Des notes manuscrites retrouvées dans sa cellule détailleraient notamment des transactions financières effectuées par téléphone mobile.
À Binzaro, les enquêteurs ont mis au jour une trentaine de corps ainsi que de nombreux restes humains, tandis que des habitants et des organisations de défense des droits humains craignent que d’autres victimes soient encore découvertes.
Après Shakahola, les autorités kényanes avaient été vivement critiquées pour leur manque de vigilance. Paul Mackenzie, ancien chauffeur de taxi, est accusé d’avoir encouragé ses fidèles à mourir de faim pour « rencontrer Jésus », tout en empêchant toute tentative de fuite.