Gambie : début des indemnisations des victimes de Yahya Jammeh

ARCHIVES - Sur cette photo d'archive prise le jeudi 27 février 2014, l'ancien président gambien Yahya Jammeh arrive à un événement au Nigeria   -  
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C’est une étape importante dans le processus de justice transitionnelle en Gambie. La Commission gambienne des réparations a annoncé ce lundi le début des versements de compensations aux victimes de violations des droits de l’homme commises entre juillet 1994 et janvier 2017, sous le régime de l’ancien président Yahya Jammeh.

Ces versements se feront par phases, aux victimes ayant été recensées au cours de l’enquête menée par la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC)

Pendant plusieurs années, la commission a mené des enquêtes approfondies sur les violations des droits humains, collecté des témoignages de victimes et de témoins, et formulé des recommandations sur les réparations, la réconciliation nationale et les mesures de justice transitionnelle.

Lancée en décembre 2017 et entrée en fonction en janvier 2019, cette commission avait pour mandat de dresser un bilan historique impartial des violations commises entre 1994 et 2017, de promouvoir la réconciliation, de répondre aux besoins des victimes et de prévenir la répétition de tels abus. Elle devait aussi établir le sort des personnes disparues et proposer des mécanismes de réparations et de prévention adaptés.

En novembre 2021, lors de la remise du rapport final de la TRRC au président Adama Barrow, Michèle Eken, chercheuse sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International, avait déclaré que ce rapport devait "ouvrir la voie à un engagement sans équivoque des autorités gambiennes sur le fait que la justice et des réparations seront enfin accordées aux victimes de décennies de violations des droits humains".

Elle rappelait que pendant plus de 20 ans, des Gambiennes et des Gambiens avaient été torturés, exécutés sommairement ou détenus arbitrairement, dans un climat de disparitions forcées, violences sexuelles, attaques contre la liberté d’expression et de réunion pacifique.

Selon Amnesty, le rapport permet au gouvernement "de faire toute la lumière sur cette sombre période et de garantir que les victimes reçoivent des réparations".

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