Tigré : Togoga compte ses victimes, bilan provisoire d'au moins 64 morts

Des proches attendent l'arrivée des ambulances devant l'hôpital de référence Ayder à Mekele, la capitale de la région du Tigré, en Éthiopie, le 23 juin 2021,   -  
Copyright © africanews
YASUYOSHI CHIBA/AFP or licensors

En Ethiopie, le Tigré compte toujours ses victimes après une frappe aérienne contre le marché de Togoga, à 30 km deMekele. Un bilan provisoire fait état d’au moins 64 morts et 180 blessés alors que l’administration locale poursuit sa collecte d’informations auprès des familles de victimes.

Mercredi, des survivants sortis au compte-gouttes de la localité de Togoga , située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale régionale Mekele , avaient raconté le carnage causé la veille à la mi-journée par un bombardement aérien alors que le marché hebdomadaire était bondé.

Le bombardemen t du marché de Togoga est intervenu au lendemain du scrutin législatif et régional du 21 juin. D’après Addis Abeba, cette frappe aérienne visait des combattants du Front pour la Libération du Tigré (TPLF) réunis sur la place du marché.Tous les ans, les Tigréens commémorent le bombardement de la ville d’Hawzen durant le guerre civile , le 22 juin 1988.

Jour des Martyrs

Selon un responsable de l’armée fédérale, des miliciens du TPLF étaient armés et habillés en civils. "Il n'est pas possible que ces (combattants) lorsqu'ils dansent armés pour célébrer leur soi-disant Jour des martyrs, puissent en même temps s'appeler des civils lorsqu'ils sont ciblés dans une opération militaire. C'est inacceptable" , a déclaré le colonel Getnet Adane .

La communauté internationale a condamné cette attaque et réclamé une enquête rapide sur des actes privant les victimes de soins. Les secours peinent à rejoindre Mekele alors que l'accès à Togoga est contrôlé par des soldats éthiopiens. De rares ambulances ont été autorisées à passer. Un total de 73 blessés, dont plusieurs enfants en bas âge, avaient atteint Mekele jeudi après-midi, a-t-on appris de source médicale.

Éclats d'explosif

Un médecin a déclaré jeudi matin à l'AFP que le personnel de l'hôpital de Mekele avait procédé à des amputations et traitait également des brûlures et des blessures par éclats d'explosif , caractéristiques d'un bombardement. "Je n'ai rien entendu jusqu'à ce qu'un avion de chasse nous survole. Et tout à coup, il y a eu une explosion, des débris métalliques ont volé dans tous les sens. Deux de mes amis ont été tués", a rapporté à l'AFP à Mekele un survivant, Gebregiorgies Gebrehaweria, 23 ans.

Un haut responsable du TPLF, Getachew Reda , a dénoncé sur Twitter une "attaque gratuite" . Il a par ailleurs affirmé mercredi soir que les forces pro-TPLF avaient abattu un avion "transportant des explosifs et des munitions" . Jeudi, les vols commerciaux en provenance et à destination de Mekele étaient annulés pour la seconde journée consécutive.

Situation de famine

Les combats durent depuis plus de sept mois au Tigré entre les forces pro-TPLF et l'armée fédérale éthiopienne, épaulée par des troupes des autorités régionales voisines de l' Amhara et l'armée de l’ Érythrée , pays frontalier du Tigré. Ils ont fait des millions de déplacés et selon l'ONU, au moins 350 000 personnes sont en situation de famine dans la région, ce que conteste le gouvernement éthiopien.

Ces derniers jours, habitants, responsables locaux et diplomates ont relaté à l'AFP un regain d'activité militaire , notamment autour des villes stratégiques d' Adigrat et Wukro . Jeudi matin, des habitants faisaient état de bombardements au nord de Mekele.

À découvrir également

Voir sur Africanews
>