Cameroun : une association en aide aux victimes de Boko Haram

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À Maroua, dans l’extrême nord du Cameroun, une association vient en aide aux victimes de viols et d’abus sexuels.

Zara Oumar porte fièrement un de ses deux enfants né pendant sa captivité par Boko Haram, lors de son enlèvement il y quatre ans. "Ils ont dit à mon père qu’ils voulaient m'emmener et qu'en cas de résistance, ils nous tueraient tous. Mon père a obtempéré. Ils ont aussi kidnappé d’autres filles du village, et c’est comme cela qu’on s’est retrouvé dans la forêt de Sambissa, où je ne connaissais personne. Lorsque j’ai tenté de m’échapper ils m’ont arrêté et m’ont battu. Celui chez qui j’étais esclave a abusé de moi et je suis tombé enceinte. Je ne mangeais que des herbes pour survivre. Même me laver était quasiment impossible parfois."

Créée il y a 30 ans par Aissa Doumara , le centre Vie de Femmes prend en charge les jeunes filles victimes de mariages forcés et de grossesses précoces . Dans la plupart des cas, des familles signalent trop tard les situations d’abus, dans une société patriarcale très marquée par la religion. "Généralement les cas de viols nous arrivent quand il y a déjà une grossesse. Quand il y a grossesse cela veut dire que c’est allé au-delà de 72h, donc tous éléments justificatifs du viol se sont effacés. Parfois ils essayent d’arranger les cas de viol à l’amiable car c’est généralement un voisin, un membre de la famille et on a honte de la pression sociale. Il faut essayer d’arranger tout ca" , avance Vondou Aissa.

Au siège de l'association de Maroua, les jeunes filles de 11 à 16 ans sont prises en charge psychologiquement. Elles y reçoivent une formation pour leur permettre une certaine autonomie. Le Centre Vie de Femmes tente également de faire pression sur les auteurs de viols pour reconnaître les enfants, avec parfois du succès. Certains font meme parfois l'objet de poursuites judiciaires .

Si ces jeunes filles sont déjà marquées par des atrocités , l'association essaie de leur redonner le goût de vivre en continuant leurs études.

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