Maroc – Arabie saoudite : relations en eaux troubles

Entre le Maroc et l’Arabie saoudite, les tensions s’accroissent. Selon des responsables marocains qui se sont confié à l’Associated Press, les relations entre les deux royaumes ont connu de nombreux soubresauts, exacerbés entre autres par l’affaire Jamal Khashoggi, la guerre au Yémen, ou encore le dossier du Sahara occidental.

Le Royaume chérifien décide de se retirer de la coalition saoudienne dans la guerre au Yémen. Ce retrait implique la cessation des interventions militaires de même que les réunions ministérielles dirigées par l’Arabie saoudite à ce sujet. Le Maroc n’a jamais détaillé sa participation dans la coalition saoudienne qui combat depuis 2015 les milices Houthi soutenues par l’Iran. Toutefois, lors d’une interview sur la chaîne de télévision qatari Al-Jazeera, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita a indiqué la position du Maroc sur la guerre au Yémen avait “changé”.

Dans un tout autre registre, Rabat a accueilli avec beaucoup de réserve la tournée récente du prince héritier saoudien dans certains pays arabes, dans la foulée de l’assassinat de l’opposant saoudien Jamal Khashoggi à l’ambassade saoudienne d’Istanbul, la capitale turque. Selon une source citée par l’Associated Press, le Maroc a refusé d’accueillir le prince héritier saoudien, évoquant le “programme chargé” du roi du Maroc.

Les relations se sont davantage détériorées au lendemain de l’interview du chef de la diplomatie marocaine sur Al-Jazeera, lorsque la chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya a diffusé un documentaire sur le Sahara occidental. Le documentaire soulignait notamment ‘‘l’invasion’‘ du Maroc au Sahara occidental après le départ du colonisateur espagnol en 1975. De quoi courroucer Rabat qui considère le Sahara occidental comme l’un de ses territoires méridionaux.

Le Sahara occidental est contrôlé à 80 % par le royaume depuis 1975. Un cessez-le-feu supervisé par une force de maintien de la paix de l’ONU (Minurso) est intervenu en 1991. Le Polisario, qui a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique (RASD), réclame un référendum d’autodétermination alors que Rabat propose comme solution de “compromis” une autonomie sous sa souveraineté.

Depuis, le Maroc a rappelé son ambassadeur en Arabie saoudite, Mustapha Mansouri, pour des ‘‘consultations’‘, informe l’agence de presse. Des différends diplomatiques sur lesquels les deux royaumes semblent vouloir garder le silence pour l’heure.
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