Sécurité et développement : plus de 2 milliards d'euros promis au G5 Sahel

Ils avaient appelé à une aide de 1,9 milliard d’euros de fonds nécessaires pour financer leur Programme d’Investissements prioritaires pour la période 2019-2021, les pays membre du G5 Sahel ont finalement dépassé leur objectif.

Mis à jour ce 7 décembre à 20 h 50 GMT

Leurs différents partenaires, réunis jeudi à Nouakchott en Mauritanie ont porté à 2,4 milliards d’euros, leur aide pour la mise en œuvre d’une quarantaine de projets de développement destinés à endiguer les violences jihadistes dans cette vaste zone au sud du Sahara.

“Les partenaires du G5 Sahel ont fait des annonces de financement pour un montant total de 2,4 milliards d’euros, correspondant à 127 % de l’objectif de mobilisation initial”, précise l’organisation régionale dans un communiqué publié à l’issue d’une conférence des donateurs dans la capitale mauritanienne, après avoir évoqué dans un premier temps un montant d’aide de “près de 2 milliards d’euros”.

Avec sa promesse de 122 millions d’euros, l’Union européenne est suivie de la France qui investira 220 millions au profit des priorités” du G5 Sahel et de l’Arabie Saoudite qui a également annoncé une aide de 100 millions de dollars pour le PIP et, 50 millions de dollars pour la force conjointe antijihadiste du G5 Sahel.

Des montants qui viendront s’ajouter aux 13 % annoncés par les cinq pays membre de cette organisation.

Fournir de l’aide aux populations défavorisées

Avant cette conférence, le G5 avait estimé à 1,9 milliard d’euros les fonds nécessaires pour financer son Programme d’Investissements prioritaires (PIP) pour la période 2019-2021, qui vise en particulier les régions frontalières où les jihadistes tirent parti des carences des Etats pour s’implanter. 

Au rang des priorités du G5 Sahel, figurent en bonne place la construction des écoles, des centres de soins ou l’accès à l’eau. Les gouvernements espèrent fidéliser des populations déshéritées susceptibles de céder aux sirènes jihadistes.

Des ONG – Action contre la faim (ACF), Oxfam et Save The Children – ont cependant mis en garde sur les risques du “lien entre sécurité et développement”. Il faudrait selon elles, prendre en compte les griefs légitimes de la population autour des problèmes de gouvernance, d’inégalités, de distribution des richesses et de justice de genre”.

Les groupes djihadistes, en grande partie chassés du nord du Mali par l’intervention militaire lancée par la France en 2013, ont depuis regagné du terrain, en particulier dans le centre du pays, et le phénomène s‘étend au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

AFP
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