Tripoli exige des "explications" après des propos polémiques de Boris Johnson

Les autorités libyennes ont vivement réagi jeudi aux propos du ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson sur la nécessité de “se débarrasser des cadavres” en Libye, exigeant des “explications” à l’ambassadeur britannique.

Boris Johnson avait suscité la polémique mercredi jusque chez les conservateurs, son propre camp, après avoir déclaré que la Libye pourrait devenir attrayante pour les touristes et les investisseurs si elle parvenait à “se débarrasser des cadavres”.

Fayez al-Sarraj, chef du gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale, a exigé de l’ambassadeur du Royaume Uni en Libye, Peter Millett, qu’il a rencontré jeudi à Tripoli, “des explications”, a rapporté la page Facebook du centre d’information du GNA.

Les propos de M. Johnson ont été jugés “inacceptables” par M. Sarraj.

Selon la page Facebook du GNA, M. Millet a expliqué que le ministre britannique “visait dans ses propos + les morts parmi les membres étrangers de l’organisation terroriste Daech + (acronyme en arabe du groupe Etat islamique) qui ont tué des centaines de Libyens”, sans donner plus de détails.

D’autre part, le Parlement libyen, qui siège dans l’est du pays et qui soutient un exécutif parallèle à celui du GNA, a également condamné les propos de M. Johnson, les qualifiant d’“irresponsables”. La commission des affaires étrangères du Parlement a exigé des excuses officielles.

M. Johnson, qui s‘était rendu en Libye en août, a affirmé mardi soir lors d’un congrès que des entreprises britanniques voulaient investir à Syrte, à l’est de Tripoli.

“Elles ont la brillante ambition de faire de Syrte le prochain Dubaï”, a-t-il déclaré, mettant en avant le “sable blanc” et “la beauté de la mer” à Syrte. “Mais il leur faut d’abord se débarrasser des cadavres”, a-t-il ajouté avant de rire.

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, et l’EI en avait profité pour s’implanter à Syrte en juin 2015. Le GNA, aidé de milices et avec le soutien aérien de l’armée américaine, a repris cette ville en décembre 2016.

Ces déclarations sur Syrte ont suscité la colère de nombreux Libyens sur les réseaux sociaux.

AFP
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