Seychelles : victoire de l'opposition aux législatives

La coalition de l’opposition a remporté les élections législatives aux Seychelles, une première depuis le retour du multipartisme en 1993, selon les résultats officiels publiés dans la nuit de samedi à dimanche.

Cette coalition, dénommée Linyon Demokratik Seselwa (LDS/“L’Union démocratique seychelloise”, en créole), a obtenu 15 sièges de députés. Le Lepep (“Le peuple”), l’ex-parti unique, au pouvoir depuis 1977, s’est adjugé les 10 autres sièges à pourvoir.

La LDS est centrée sur le principal parti d’opposition, le Parti national des Seychelles (SNP), qui avait décidé de boycotter les élections de 2011 en estimant que l‘équité du scrutin n‘était pas garantie.

L’opposition a réussi à confirmer le bon résultat obtenu lors de l‘élection présidentielle de décembre 2015. Le leader du SNP, Wavel Ramkalawan, n’avait été devancé que de 193 voix par le président sortant James Michel, réélu pour un troisième mandat avec 50,15% des suffrages exprimés.

Jamais une présidentielle aux Seychelles ne s‘était décidée sur une marge aussi infime. C‘était la première fois depuis le retour du multipartisme que le candidat du parti Lepep (“Le peuple”, en créole), au pouvoir depuis 1977, était poussé à un second tour.

Si l’opposition prend le contrôle du Parlement, le pouvoir exécutif restera dans les mains de M. Michel, qui est à la fois chef de l’Etat et du gouvernement.

La victoire de l’opposition ne débouche pas sur une cohabitation à la française, avec un président et un Premier ministre de couleur politique différente, mais plutôt sur un modèle américain, où l’exécutif doit parfois composer avec une chambre ou un congrès hostile.

Avant même que le résultat ne soit connu, les deux camps s‘étaient engagés à œuvrer conjointement. “Mon espoir est que cet esprit de consultations se perpétue dans la nouvelle Assemblée nationale, où nous travaillerons tous ensemble pour le bien commun de notre nation”, avait notamment affirmé M. Michel.

L’usure du pouvoir

Des supporteurs de l’opposition ont accueilli cette victoire en klaxonnant dans les rues de Victoria, a constaté un journaliste de l’AFP. Mais en raison de l’heure tardive, seuls quelques groupes épars étaient visibles dans les rues de la capitale.

Il n’existe pas de différences idéologiques fondamentales entre le Lepep et ses opposants. Mais le premier s’estimait garant de la stabilité économique du pays, alors que l’opposition le disait victime de l’usure du pouvoir.

Pour cette élection, le SNP s’était allié à quatre petits partis dont Lalyans Seselwa (“L’alliance seychelloise”), laquelle est composée d’anciens cadres du Lepep, pour former la coalition Linyon Demokratik Seselwa (LDS/“L’Union démocratique seychelloise”).

L’Assemblée nationale est composée d’un maximum de 35 députés, dont 25 élus directement. Les 10 autres sièges sont attribués à chaque parti en fonction de sa représentation proportionnelle (un poste pour chaque 10% des votes).

Quelque 70.000 électeurs de cet archipel éparpillé sur 115 îles dans l’océan Indien devaient renouveler l’Assemblée nationale, qui constitue le Parlement unicaméral.

Le scrutin était organisé sur trois jours. Les îles les plus éloignées de la principale, Mahé, où se trouve la capitale Victoria, ont voté en premier jeudi et vendredi.

Samedi, c‘était au tour des habitants de Mahé, Praslin et La Digue, les trois îles les plus peuplées, où vivent 98% des 90.000 Seychellois, de se rendre aux urnes.

Les Seychelles vivent principalement du tourisme et de la pêche, et sont connues pour être un paradis fiscal.
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