Critiques de HRW : réaction du gouvernement congolais

Le gouvernement du Congo-Brazzaville réfute les accusations de crimes dont sont accusés plusieurs de ses soldats en mission en République Centrafricaine. Ces derniers sont accusés d’avoir tué au moins 18 personnes entre décembre 2013 et juin 2015, période pendant laquelle les soldats Congolais étaient intégrés dans la Mission de maintien de la paix de l’Union africaine (UA) la Misca, et dans la Mission de maintien de la paix des Nations Unies, la Minusca.

Les autorités congolaises ont très vigoureusement réagi aux accusations portées mardi par l’ONG Human Rights Watch dans son rapport du 7 juin, qui fait état des crimes commis par les soldats congolais œuvrant pour le maintien de la paix en Centrafrique. Des crimes commis selon le rapport au nom de l’Union africaine, qui ont fait au moins 18 morts.

Pierre Mabiala, ministre congolais de la Justice voit en ces accusations une volonté de ‘‘manipuler et déstabiliser son pays : ‘‘je ne crois pas que les militaires Congolais, qui sont d’un professionnalisme irréprochable, ont pu parvenir à réaliser de tels actes, c’est-à-dire donner la mort aux citoyens Centrafricains – femmes, hommes et enfants’‘, a-t-il dit, ajoutant que ces accusations étaient “inacceptables”.

Le rapport de l’ONG publié mardi fait état de 18 personnes tuées par les soldats du Congo, dont des femmes et des enfants, entre décembre 2013 et juin 2015, dans la localité de Boali (à 80 km au nord de Bangui) et dans plusieurs autres localités de la RCA. À cette époque, les militaires congolais, sous mandat de la Mission de l’Union africaine, sont chargés de veiller à la sécurité des habitants de cette zone.

‘‘Une fosse commune découverte près d’une base des forces de maintien de la paix à Boali et exhumée le 16 février 2016, a révélé les restes de 12 personnes identifiées comme celles ayant été détenues par les soldats de maintien de la paix en mars 2014’‘. Ajoute le rapport.

Les preuves de l’ONG sont ‘‘solides et arrivent de manière croissante’‘ selon le chercheur sur l’Afrique à Human Rights Watch Lewis Mudge.

‘‘Les crimes – des meurtres – commis par les soldats de maintien de la paix congolais, c’est très sérieux, assure-t-il à RFI. Et il faut ajouter que ce ne sont pas seulement des dizaines de corps qui se trouvent à Boali, dans la fosse qui était là-bas ; il y a d’autres cas qu’on a cités dans notre rapport, où les soldats de maintien de la paix congolais sont accusés de tuer des civils’‘, a-t-il ajouté.

‘‘Les autorités du Congo-Brazzaville ne devraient pas fermer les yeux : c’est un problème profond”, selon Human Rights Watch. “Les juridictions restent à Brazzaville, donc on continue de demander de prendre au sérieux leur devoir, de lancer une enquête fiable, crédible par rapport aux accusations qu’on a lancées ‘’, a-t-il ajouté.

Le 4 juillet 2014, Human Rights Watch déclare avoir écrit au ministre des Affaires étrangères de la République du Congo pour l’informer des conclusions et à El Ghassim Wane, alors directeur du département Paix et Sécurité de l’UA, pour demander instamment que des enquêtes soient menées et les responsables de ces crimes traduits en justice. Il n’y a pas eu de réponse.
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