Des centaines de partisans vêtus de rouge du leader de l'opposition de gauche radicale Julius Malema se sont rassemblés mercredi dans une ville sud-africaine avant le prononcé de sa peine pour avoir tiré avec un fusil d'assaut lors d'un rassemblement il y a huit ans.
Afrique du Sud : manifestation en soutien à Julius Malema en attente de sa peine
L'affaire contre le chef du parti Economic Freedom Fighters (EFF) a été portée devant la justice par le petit groupe d'extrême droite AfriForum, qui a porté ses griefs de longue date contre Malema à l'attention du président américain Donald Trump.
La police était déployée en force dans la ville de KuGumpo, dans l'est du pays, anciennement appelée East London, alors que les partisans de l'EFF défilaient vers le tribunal avant les plaidoiries finales et le prononcé de la peine attendus jeudi.
L'État réclame la peine maximale de 15 ans de prison pour Malema, qui a été reconnu coupable en octobre d'avoir enfreint la législation sur les armes à feu en tirant en l'air lors d'une célébration de l'EFF près de la ville en 2018.
L'EFF – un parti minoritaire mais très virulent – affirme que cette affaire vise à réduire au silence son leader au franc-parler, connu pour ses discours enflammés.
Malema est depuis longtemps critiqué par AfriForum, notamment pour son utilisation lors de rassemblements d’un slogan anti-apartheid, « Kill the Boer » – un terme désignant la population blanche afrikaner du pays – que le groupe d’extrême droite qualifie de discours de haine et qui inciterait à la violence anti-blancs.
Trump a diffusé des extraits vidéo de Malema scandant ce slogan lors d’entretiens à la Maison Blanche avec le président Cyril Ramaphosa en mai dernier, au cours desquels le dirigeant américain a réitéré des allégations infondées concernant une campagne orchestrée de violence contre les fermiers blancs en Afrique du Sud.
Bien que ce slogan soit controversé en Afrique du Sud, les tribunaux ont jugé qu’il ne constituait pas un discours de haine et qu’il devait être replacé dans le contexte de la lutte contre le régime de la minorité blanche, qui a pris fin en 1994.