Pollution plastique : l'Afrique espère une solution à la réunion d'Ottawa

Une installation artistique, à la conférence des Nations Unies sur les plastiques, le mardi 23 avril 2024 à Ottawa (Ontario)   -  
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Adrian Wyld/AP

Au Canada, près de 3.500 personnes dont des scientifiques, des lobbyistes, et des organisations environnementales sont réunis à Ottawa, jusqu'au 29 avril, dans le cadre des négociations pour lutter contre la pollution plastique.

Il y a deux ans, 175 nations ont convenu d'élaborer le premier traité juridiquement contraignant sur la pollution plastique, y compris dans les océans, d'ici à la fin de l'année 2024. 

Cette coalition de pays baptisée "High Ambition Coalition to End Plastic Pollution" souhaite interdire les additifs les plus cancérigènes utilisés dans la production de plastique.

Les travailleurs de l'usine de recyclage Pura Terra à Nairobi peinent à recycler tous les plastiques qui leur parviennent. 2 000 tonnes de déchets sont générés chaque jour au Kenya et l'entreprise estime que d'ici 2030, il faudra gérer plus de 5 millions de tonnes de déchets par an.

" Nous sommes la seule entreprise de tri dans la région et nous nous rendons compte que nous ne pouvons pas trier tous les plastiques qui nous parviennent. C'est pourquoi nous espérons que la réunion qui se tient au Canada débouchera sur des politiques qui nous aideront à recycler 100 % des matières plastiques produites", explique Andrew Barasa, directeur de Pura Terra recycling. 

A Ottawa, Luis Vayas Valdivieso, Président du Comité de négociation intergouvernemental  a déclaré qu'il est impératif  "d'élaborer un traité qui reflète l'urgence de mettre un terme à la crise de la pollution plastique. Ce traité répondra aux attentes des citoyens de tous nos pays qui réclament un changement."

Selon Azarius Karanja, spécialiste des questions environnementales, les pays africains, sont parmi les plus touchés par les problèmes que présentent les matières plastiques.

Il souligne que tous les pays doivent comprendre que la pollution plastique n'est pas un problème local, mais mondial et toutes les nations doivent en assumer la responsabilité.

"Idéalement, il faudrait réfléchir à des solutions adaptées qui permettraient la réutilisation et la recharge des contenants. Étant donné que beaucoup de ces produits chimiques sont issus de la pétrochimie, ils sont étroitement liés à la production de pétrole, nous voudrions donc passer à des produits plus respectueux de l'environnement", précise Azarius Karanja. 

Certains pays et les ONG environnementales plaident pour une forte réduction de la production plastique d'ici 2040. Mais les pays producteurs de pétrole et les lobbys de l'industrie militent davantage en faveur du recyclage.

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