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Congo : une taxe qui pourrait provoquer l'augmentation du prix du ciment

Congo : une taxe qui pourrait provoquer l'augmentation du prix du ciment

Congo

Au terme de la loi de finances 2018 du Congo, la taxe sur le ciment devrait passer de 5 à 18 %. Un triplement qui inquiète déjà opérateurs économiques et consommateurs qui redoutent l’augmentation du prix du produit.

Les cimentiers congolais sous pression. Selon des médias, ils sont sommés par le ministère des Finances de payer la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) conformément à la loi de finances exercice 2018. Un budget qui augmente la TVA de 5 à 18 %.

Au Congo, le sac de ciment de 50 kg est vendu à 3 500 francs CFA (6,24 dollars). En s’amusant à faire de petits calculs, on diviserait le prix hors taxe (3 500) par 100, le tout multiplié par la nouvelle taxe (18 %). On obtiendrait alors 630 francs CFA de TVA contre 175 francs CFA auparavant. Et il est donc fort possible que les industriels ajoutent plus de 630 francs CFA afin de compenser la nouvelle TVA. Le sac devrait donc revenir à plus de 4 100 francs CFA.

Dans un contexte économique dominé par la crise économique due à la chute des cours des matières premières dont le pétrole principale source de revenus (plus de 70 % du budget), cette mesure pourrait contribuer à hypothéquer la mise en œuvre des mesures du 12 mai 2008, visant à réduire et/ou supprimer une série de taxes afin d’anticiper des remous sociaix inhérents à l’augmentation des prix des denrées de première nécessité.

Des consommateurs inquiets

L’inquiétude est désormais à son comble chez les consommateurs. « La hausse de la taxe à 18 % sur le ciment n’a pas tenu compte de l’esprit de la décision du Conseil des ministres du 12 mai 2008, qui avait dressé une liste des produits de première nécessité pour lutter contre la vie chère », déplore Mermans Babounga Ngondo, président de l’Observatoire congolais des droits des consommateurs (O2CD).

Et les producteurs et vendeurs de ciments ? La production nationale estimée à plus de 3 millions de tonnes dont 2 millions destinées à l’exportation, pourrait aussi baisser. « Personne ne sera épargné. Du producteur au consommateur final, c’est toute la chaîne qui devrait être impactée. D’ailleurs, vous-même, vous constatez que beaucoup de chantiers sont aujourd’hui arrêtés. Pourquoi ? C’est à cause de la crise ! » , estime un gérant de dépôt de ciment de Pointe-Noire.

Pour l’O2CD, l’augmentation de la TVA est donc loin de résoudre les problèmes financiers du Congo. Il propose ainsi aux autorités d’explorer d’autres sources afin de renflouer les caisses de l‘État : « Si c’est pour maximiser les recettes de l’Etat, nous estimons que d’autres niches potentiellement imposables existent ailleurs », suggère Mermans Babounga Ngondo.

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