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Hommage à Mandela 3/3 : Mandela, un "géant moral", symbole d'une Afrique du Sud unie

Hommage à Mandela 3/3 : Mandela, un "géant moral", symbole d'une Afrique du Sud unie

Afrique du Sud

Grand artisan d’une Afrique du Sud unie, la politique de rapprochement de Nelson Mandela avec l’oppresseur blanc, dès son accession au pouvoir en 1994, a été diversement appréciée. Mais, elle est pourtant la meilleure image que le monde a gardé de ce géant de l’histoire africaine.

Après d‘âpres luttes et négociations avec le pouvoir blanc pour l’abolition de l’apartheid, débutaient à présent d’autres luttes pour le nouveau président sud-africain, entre autres la réconciliation nationale, la juste répartition des richesses du pays et le positionnement de l’Afrique du Sud au banc des nations modèles.

  • Sur le plan économique et social

  • Dès sa prise de pouvoir, Nelson Mandela s’est engagé dans un ambitieux programme de reconstruction et de développement (RDP). Un plan censé réduire la pauvreté et combler le manque criard de services sociaux, du reste chez les laissés pour compte. La politique de logement, qui est l’un des points forts de ce programme permis à cinq millions de Sud-Africains de se loger entre 1994 et 2001. En outre, de 1994 à 2000 plus de quatre millions de personnes accèdèrent à l’eau potable, tandis qu’en 1999, plus de 250 000 personnes ont reçu des terres dans le cadre de la réforme agraire. Cinq cent nouvelles cliniques furent par ailleurs construites. Diverses aides furent aussi attribuées aux retraités, aux handicapés ainsi qu’aux femmes enceintes et enfants de moins de six ans pour qui les soins étaient désormais gratuits.

  • Sur le plan diplomatique

  • L’Afrique du Sud désormais unifiée veut se trouver une place dans le concert des nations. Une tâche qui s’avère facile à gérer depuis les élections d’avril 1994, après lesquelles le pays a été classé comme un « exemple moral » qui a su surmonter ses divergences. Dès lors, Mandela fut sollicité pour de nombreuses médiations, notamment dans la région d’Afrique des Grands Lacs. Toutefois, selon certains observateurs, les bilans de ces médiations restent mitigés.

  • Sur le plan politique

  • Une figure consensuelle, Nelson Mandela l’a été durant son unique mandat à la tête de l’Afrique du Sud. Le symbole fort de cette image de rassembleur est sans doute la finale de rugby, en 1995 lors de laquelle il portait le maillot de l‘équipe des Springboks, l‘équipe blanche de rugby. Mais bien avant d’en arriver là, Mandela avait nommé son ennemi d’hier Frederik de Klerk, vice-président de l’Afrique du Sud, avec lequel il a d’ailleurs accepté de partager le prix Nobel de la paix en 1993 pour l’abolition de l’Apartheid. Cette démarche sera consolidée par l’instauration de la Commission vérité et réconcilaition qui fut pilotée par l’archevêque anglican, Desmond Tutu. Ce « confessionnal » dans lequel les oppresseurs d’autrefois étaient invités à venir confesser leurs « péchés » a permis à de nombreux individus coupables d’obtenir l’amnistie.

Nul n’est prophète chez soi

Toutefois, les politiques engagées par Nelson Mandela au cours de son unique mandat (1994-1999) n’ont pas toujours fait l’unanimité, notamment au sein de l’ANC, parti dont il était issu. Ses détracteurs lui reprochaient sa trop grande diplomatie à l‘égard des Blancs qui auraient profité d’une justice trop clémente.

Aussi, ces partisans de l’ANC ont-ils jugé trop modeste la réforme agraire censée redonner aux Noirs leurs terres dont ils avaient été dépossédés en 1913 par la loi sur les terres indigènes. L’abandon du plan de nationalisation des grandes entreprises sur injonction du FMI qui proposait une politique plus libérale, figurait également au nombre des révendications des mécontents. En tout, pour ces derniers, la politique économique de Mandela a été loin des principes de justice sociale promus par le parti.

Mandela, un héritage pour l’Afrique

Malgré tout, Nelson Mandela s’est révélé être à la hauteur du mythe que lui vouaient l’Afrique et le reste du monde.

Lors de son procès, il déclarait dans sa plaidoirie qu’il luttait pour une Afrique du Sud « non raciale », et qu’il était « prêt à mourir » pour cet idéal. Il n’a pas eu besoin de mourir pour atteindre cet objectif. Sa grandeur d’esprit et ses qualités de politicien inlassablement engagé, ont laissé au monde l’image d’un grand résistant et un grand chef d‘État, mais surtout, un héritage moral dans lequel bon nombre de dirigeants devraient puiser.

S’il n’a pas pu résoudre à tous les problèmes de l’Afrique du Sud en cinq ans de mandat, il a néamoins eu le mérite de favoriser une transition sans bain de sang et de laisser à son successeur Thabo Mbeki une démocratie solide qui demeure l’une des économies les plus fortes d’Afrique.

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