L'ancien directeur du Centre nigérian de contrôle et de prévention des maladies (NCDC), Abdulsalami Nasidi, s'est dit confiant quant à la capacité du Nigeria à contenir les cas d'Ebola sur son territoire, alors que le pays fait face à un nouveau cas du virus, le premier recensé sur son territoire depuis le début de l’épidémie actuelle en République démocratique du Congo (RDC).
Ebola au Nigeria : l'ancien chef du CDC appelle à une réponse rigoureuse
La patiente, une diplomate arrivée d’Ouganda dans la capitale nigériane, Abuja, le 3 octobre, a été infectée par la souche Bundibugyo, ont confirmé les autorités sanitaires nigérianes et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Selon les responsables sanitaires, l’état de la patiente s’est aggravé jusqu’à entraîner une défaillance multiviscérale. Aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement disponible contre cette souche du virus. Les autorités nigérianes ont identifié 44 personnes ayant été en contact avec la patiente et poursuivent les recherches afin de déterminer l’étendue des expositions potentielles. Les mesures de prévention et de contrôle des infections ont également été renforcées dans l’établissement hospitalier où elle a été prise en charge.
Ancien directeur du Centre nigérian de contrôle et de prévention des maladies (NCDC), Abdulsalami Nasidi se dit néanmoins confiant dans la capacité du pays à contenir la propagation du virus. Il rappelle que le Nigeria avait maîtrisé en 2014 une précédente flambée en seulement 21 jours, avec 19 infections et sept décès, grâce à une réaction rapide et à une coordination efficace des opérations sanitaires.
« Le Nigeria a pu rapidement contrôler l’épidémie d’Ebola de 2014 parce que les bonnes décisions ont été prises au bon moment et que les structures de commandement sur le terrain étaient efficaces », souligne-t-il. Il estime toutefois que la réussite de la réponse actuelle dépendra de financements adéquats et d’un engagement résolu de la présidence.
Abdulsalami Nasidi insiste également sur la nécessité d’établir un historique précis des déplacements de la patiente, alors que l’Ouganda avait été officiellement déclaré exempt d’Ebola par l’OMS en août, après avoir enregistré 20 cas. Selon lui, cette enquête est indispensable pour évaluer les risques, retrouver les contacts et suivre la circulation du virus au-delà des seuls cas identifiés.
La situation dépasse désormais les frontières nigérianes. La RDC, où l’épidémie a fait 4 602 morts sur 9 552 cas confirmés depuis la mi-mai, est confrontée à la flambée la plus meurtrière de son histoire. Le Kenya a également signalé neuf cas depuis le 6 octobre. Au total, quatre pays africains sont concernés par cette propagation, qui touche plusieurs régions du continent.
Le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a qualifié la situation de « menace extrêmement grave » et appelé à une mobilisation internationale urgente. Une réunion de haut niveau des ministres africains de la Santé doit permettre de renforcer la coordination transfrontalière et les capacités de préparation des pays concernés.
Face à cette menace, les autorités nigérianes ont annoncé la mise en place d’une cellule présidentielle chargée de coordonner la riposte. L’enjeu est de reproduire l’efficacité de 2014, alors que l’extension géographique de l’épidémie et l’absence de traitement spécifique contre la souche Bundibugyo imposent une vigilance accrue.