La Haute Cour de Mombasa doit rendre, ce lundi 19 octobre, son verdict dans le procès de Paul Mackenzie et de 29 coaccusés, poursuivis pour le meurtre présumé de 191 personnes, dont de nombreux enfants. Cette affaire, liée à un mouvement religieux prônant le jeûne extrême, relance le débat sur la régulation des organisations religieuses au Kenya.
Kenya : verdict attendu pour le gourou accusé d’avoir affamé jusqu'à la mort 191 fidèles
Trois ans après la découverte des premières fosses communes dans la forêt de Shakahola, dans le comté de Kilifi, sur la côte kényane, la justice s’apprête à se prononcer sur l’une des affaires criminelles les plus graves de l’histoire récente du pays. Le prédicateur autoproclamé Paul Mackenzie et 29 autres prévenus comparaissent pour le meurtre présumé de 191 personnes, dont une majorité d’enfants.
Depuis 2023, les exhumations ont permis de découvrir au moins 429 corps, selon la Commission nationale kényane des droits de l’homme. Certains restent à ce jour non identifiés. Les enquêteurs attribuent ces décès, pour une large part, à des pratiques de jeûne extrême que Paul Mackenzie aurait imposées à ses adeptes, leur promettant de rencontrer Jésus après la mort.
Selon l’accusation, le prédicateur aurait instauré une hiérarchie macabre donnant la priorité à la mort des enfants, suivis des adolescents, des femmes et enfin des hommes. Les autopsies et les rapports policiers font état de décès par inanition, mais également par asphyxie, strangulation et traumatismes crâniens. Les avocats de la défense contestent les éléments à charge, estimant que le dossier repose notamment sur des témoignages indirects et des preuves médico-légales insuffisantes.
Arrêté en avril 2023 après le signalement d’une organisation de défense des droits humains, Paul Mackenzie avait déjà été interpellé à deux reprises, en 2017 et en 2019, avant d’être respectivement acquitté et remis en liberté sous caution. La découverte des charniers avait suscité une vive indignation et soulevé des interrogations sur les défaillances des autorités.
Les témoignages de survivants font état d’isolement, de violences et de privations de nourriture et d’eau. Des familles endeuillées réclament une condamnation des responsables présumés, tandis que des défenseurs des droits humains appellent à prévenir de nouveaux drames par un meilleur encadrement des mouvements religieux.
Les inquiétudes persistent. D’autres corps ont été découverts dans la région, notamment dans le cadre de l’affaire de Kwa Binzaro, où une cinquantaine de dépouilles avaient été signalées en 2025. Des accusations distinctes d’homicide involontaire, de torture sur mineurs et de terrorisme visent également Paul Mackenzie.