Guinée-Bissau : l’ancien président interdit de retour, la population réagit

Umaro Sissoco Embaló vote à Bissau lors des élections présidentielle et législatives. (Présidence de la République de Guinée-Bissau via AP)   -  
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La junte au pouvoir en Guinée-Bissau a annoncé jeudi que les "conditions de sécurité" n’étaient pas réunies pour permettre le retour de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló, actuellement en exil au Maroc.

En début de semaine, l’ancien chef de l’État avait annoncé son intention de rentrer dans son pays et de se présenter à la prochaine élection présidentielle, prévue le 6 décembre.

L’armée affirme toutefois que "les conditions de sécurité nécessaires ne sont pas réunies pour garantir le retour sur le territoire national". Une décision "fondée exclusivement sur des motifs de sécurité nationale, de préservation de l’ordre public et de prévention de situations susceptibles de compromettre la stabilité et la tranquillité sociales", précise-t-elle.

Le haut commandement militaire assure avoir pris cette décision après "une analyse de la situation nationale et du contexte sécuritaire actuel".

Cette position intervient quelques jours après une déclaration du président de transition, le général Horta N’Tam. Interrogé par un journaliste de radio, il affirmait la semaine dernière : "Tout Guinéen est libre de revenir dans son pays s’il n’a rien à se reprocher. Même ceux qui m’insultent sur les réseaux sociaux peuvent revenir s’ils le souhaitent."

Des militants avaient annoncé sur les réseaux sociaux le retour d’Embaló pour dimanche.

Un calendrier électoral maintenu

La junte, dirigée par le général Horta N’Tam, a fixé au 6 décembre la tenue des prochaines élections présidentielle et législatives, censées permettre le retour à un régime civil.

Selon la charte de transition, le général N’Tam, qui exerce également les fonctions de président de transition, n’est pas autorisé à se présenter à l’élection présidentielle.

Pour l’heure, on ignore si la décision concernant Embaló aura une incidence sur le calendrier électoral. La junte a par ailleurs réaffirmé que les restrictions visant les manifestations, les rassemblements et les réunions à caractère politique restaient en vigueur.

Un pays marqué par les coups d’État

La crise actuelle intervient dans un pays marqué par une forte instabilité politique. En novembre 2025, l’armée avait pris le pouvoir quelques jours seulement après l’élection présidentielle, renversant Umaro Sissoco Embaló et suspendant le processus électoral.

Le scrutin avait eu lieu le 23 novembre, et le coup d’État était intervenu la veille de l’annonce des résultats provisoires.

L’armée avait alors justifié son intervention par la nécessité de maintenir l’ordre public, affirmant avoir découvert un complot visant à déstabiliser le pays et impliquant des barons de la drogue.

Depuis son indépendance du Portugal en 1974, la Guinée-Bissau a connu plusieurs coups d’État et de nombreuses tentatives de putsch. La pauvreté et l’instabilité politique ont également contribué à faire du pays un terrain propice à la corruption et au trafic de drogue.

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