Haïti : plus de 5 700 personnes victimes des violences depuis janvier, selon l’ONU

Un véhicule blindé de la police appartenant à la Force de répression des gangs (GSF) effectue une patrouille à Port-au-Prince, en Haïti, le 29 septembre 2026.   -  
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La crise sécuritaire haïtienne demeure d’une gravité extrême. Présentant vendredi devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU un bilan établi par la mission des Nations unies en Haïti, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a fait état d’au moins 5 700 personnes tuées ou blessées depuis le début de l’année. Le bilan recense également 230 enlèvements et plus de 1 000 femmes et filles victimes de violences sexuelles. Selon l’ONU, les chiffres réels sont vraisemblablement plus élevés.

Si certaines opérations ont permis de contenir les gangs dans plusieurs secteurs de Port-au-Prince, ceux-ci continuent de s’adapter, de se réarmer et de gagner de nouveaux territoires, a souligné Volker Türk. La force internationale chargée d’appuyer les autorités haïtiennes reste par ailleurs très en deçà de ses effectifs prévus : conçue pour compter 5 500 personnels, elle n’en déploie actuellement qu’environ 1 500.

Le Haut-Commissaire a également alerté sur les méthodes employées par les forces de sécurité haïtiennes et les groupes d’autodéfense. Selon les données de l’ONU, plus de la moitié des victimes recensées depuis janvier l’ont été dans le contexte d’opérations de sécurité. Des centaines de personnes auraient notamment été touchées par des tirs perdus ou des drones explosifs. Les groupes d’autodéfense seraient, à eux seuls, responsables de la mort ou des blessures d’environ 280 personnes depuis le début de l’année.

Pour William O’Neill, expert désigné par l’ONU sur les droits humains en Haïti, la situation est « désespérée, mais pas sans issue ». Il estime qu’une force internationale disposant de moyens suffisants — notamment en matière de renseignement, de vision nocturne et d’hélicoptères — pourrait cibler plus efficacement les principaux responsables des gangs.

L’expert préconise également de tarir leurs sources d’armement et de financement. Selon lui, une grande partie des armes saisies auprès des gangs pourrait être retracée jusqu’à des commerces d’armes situés dans une dizaine à une douzaine de codes postaux de Floride, appelant les États-Unis à renforcer leurs efforts contre ces filières.

William O’Neill affirme enfin que les gangs ne reposent sur aucune véritable idéologie et que leurs membres sont essentiellement engagés dans une logique criminelle. Il estime qu’environ la moitié de leurs effectifs seraient mineurs, dans un pays où les violences continuent de peser lourdement sur la population civile.

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