RDC : la mort de Marie-Célestin Karondwa ravive les tensions autour d’Ebola

A banner with a photo of Marie-Célestin Karondwa, a local official who was beaten to death after publicly defending the government's response to Ebola, in Butembo, RDC.   -  
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À Butembo, dans l’est de la République démocratique du Congo, l’émotion reste vive après la mort de Marie-Célestin Karondwa.

Trois jours après son décès, survenu à la suite d’une violente agression, ses proches, ses compagnons politiques et des habitants lui ont rendu un dernier hommage. Il a ensuite été conduit à sa dernière demeure dans son village natal de Lubero, au Nord-Kivu. Sa disparition intervient dans un contexte marqué par la méfiance autour de la riposte contre Ebola.

Dans les rangs de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le décès de Marie-Célestin Karondwa est vécu comme une lourde perte. Responsable local du parti, il laisse derrière lui des proches qui réclament des réponses sur les circonstances de sa mort.

Jean-Baptiste Katsongo, premier vice-président fédéral de l’UDPS à Butembo, décrit sa disparition comme une perte importante pour le parti.

« Je suis vraiment triste et consterné, au regret d’avoir perdu un véritable combattant. C’est vraiment une perte énorme qui nous laisse sans mots. »

L’émotion dépasse cependant les rangs de l’UDPS. Pour Kasereka Gustave, habitant de Butembo, la disparition d’un membre de la communauté constitue une perte pour tous.

« Nous nous sentons vraiment mal, car le simple fait de perdre ne serait-ce qu’un seul Congolais, c’est une grande perte. »

Quelques jours avant sa mort, Marie-Célestin Karondwa avait participé à une émission sur Radio Mwangaza. Les échanges ne portaient pas uniquement sur Ebola : plusieurs sujets politiques avaient également été abordés.

À son retour, il aurait été agressé et aurait succombé à ses blessures. Sa maison a ensuite été incendiée. Selon plusieurs sources, sa femme et ses enfants étaient absents au moment des faits. Les circonstances de l’agression restent au cœur des interrogations. Sa famille demande aux autorités d’identifier les responsables et de faire toute la lumière sur cette affaire.

« Nous voulons savoir qui a posé cet acte et voir le gouvernement s’occuper de la personne, en vue d’avoir des réponses et de faire la lumière sur cette situation. Nous voulons la vérité. »

Pour les proches de Marie-Célestin Karondwa, l’enjeu est désormais de comprendre ce qui s’est passé et d’établir les responsabilités.

Cette affaire intervient alors que la riposte contre Ebola à Butembo reste confrontée à la méfiance d’une partie de la population. Les acteurs de santé multiplient les actions de sensibilisation et appellent les habitants à respecter les mesures de prévention et à collaborer avec les équipes médicales et les relais communautaires.

Le Dr Kalima Nzanzu, médecin-chef de l’Hôpital général secondaire de Matanda, évoque notamment les soupçons auxquels sont confrontés les acteurs engagés dans la riposte.

« Mais les gens pensent que, quand on parle d’Ebola, on pense qu’on a été payé pour ça, et ça, c’est très faux. »

Pour les professionnels de santé, la confiance des communautés reste essentielle afin de faciliter la sensibilisation, la prise en charge des malades et le travail des équipes déployées sur le terrain.

Après les hommages rendus à Butembo, Marie-Célestin Karondwa a été inhumé dans son village natal de Lubero. Ses obsèques se sont déroulées dans l’émotion, mais aussi dans un climat d’interrogations sur les circonstances de sa mort. Sa famille attend désormais que les autorités établissent les faits et identifient les responsables de l’agression.

Dans une région où la riposte contre Ebola reste confrontée à la méfiance, cette disparition met également en lumière les difficultés rencontrées par les acteurs de santé pour gagner la confiance des communautés. Pour les proches de Marie-Célestin Karondwa, une question demeure : qui est responsable de sa mort et dans quelles circonstances exactes a-t-il été agressé ?

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