Italie : 3 Égyptiens condamnés pour la disparition de Giulio Regeni

Paola Deffendi, la mère de Giulio Regeni (au centre), est visiblement émue alors qu'elle quitte la salle d'audience à Rome, ce lundi 28 septembre 2026. (Cecilia Fabiano/LaPres   -  
Copyright © africanews
LaPresse

Dix ans après la disparition de Giulio Regeni au Caire, la justice italienne a rendu lundi son verdict.Un tribunal de Rome a condamné trois agents de sécurité égyptiens à dix ans de prison pour enlèvement aggravé dans le cadre de la disparition du chercheur italien.

Un quatrième accusé a été acquitté. Le procureur général de Rome, Francesco Lo Voi, s’est félicité de cette décision, malgré ce qu’il a décrit comme un manque de coopération significative des autorités égyptiennes. Nous sommes satisfaits d’avoir sorti cette affaire du marasme dans lequel elle risquait de s’enliser , a-t-il déclaré après le verdict.

Giulio Regeni, doctorant italien de 28 ans à l’université de Cambridge, avait disparu au Caire le 25 janvier 2016, alors qu’il menait des recherches sur les syndicats indépendants en Égypte. Son corps avait été retrouvé neuf jours plus tard en périphérie du Caire. Les enquêteurs italiens avaient relevé de nombreuses traces de torture. Les quatre Égyptiens poursuivis étaient Tariq Sabir, Hisham Helmi, Athar Kamel Mohamed Ibrahim et Magdi Ibrahim Abdelal Sharif. Helmi, Ibrahim et Sharif ont été condamnés pour leur implication dans l’enlèvement. Sabir, lui, a été acquitté.

Sharif était également poursuivi pour des faits liés aux blessures et à la mort de Regeni, mais les trois condamnés de lundi l’ont été pour enlèvement et non pour le meurtre du chercheur. En juin, le parquet de Rome avait requis la réclusion à perpétuité contre Sharif, présenté comme l’auteur matériel du meurtre, ainsi que 17 ans et six mois de prison contre les trois autres accusés.

L’affaire Regeni a profondément tendu les relations entre l’Italie et l’Égypte. Les procureurs italiens accusent des membres des services de sécurité égyptiens d’avoir enlevé, détenu, torturé puis tué le chercheur. Le Caire a toujours nié toute implication de l’État et contesté les conclusions de l’enquête italienne.

Le procès a été retardé pendant plusieurs années, notamment parce que les accusés, restés en Égypte, ne se sont jamais présentés devant la justice italienne. La Cour constitutionnelle italienne a finalement permis que le procès se poursuive en leur absence.

Pour la famille de Giulio Regeni, ce verdict constitue une nouvelle étape dans une quête de justice longue de dix ans. En Italie, les célèbres banderoles jaunes portant son nom sont devenues le symbole d’une campagne réclamant « la vérité et la justice » sur les circonstances de sa mort.

À découvrir également

Voir sur Africanews
>