Sanna Manjang, ancien chef des « Junglers », une unité paramilitaire accusée d’avoir servi d’escadron de la mort sous l’ex-président gambien Yahya Jammeh, a comparu devant un tribunal militaire à Banjul pour des faits de désertion.
Gambie : Sanna Manjang, ex-chef des "Junglers" de Jammeh, jugé pour désertion
Ancien lieutenant-colonel de l’armée gambienne, Sanna Manjang est accusé d’avoir déserté les forces armées en janvier 2017, au moment où Yahya Jammeh quittait le pouvoir après plus de vingt ans à la tête de la Gambie.
Selon l’accusation, il serait resté en fuite pendant près de neuf ans. Il a été arrêté au Sénégal en novembre avant d’être rapatrié en Gambie le mois suivant.
L’ancien chef des Junglers avait auparavant été inculpé pour quatre meurtres, dont celui du journaliste Deyda Hydara. Ces charges ont été abandonnées en juillet, mais elles pourraient être déposées à nouveau.
Les autorités doivent notamment déterminer comment faire témoigner plusieurs anciens membres présumés des Junglers, susceptibles d’être eux-mêmes impliqués dans les crimes reprochés à cette unité.
Les « Junglers » accusés de graves violations des droits humains
Les Junglers sont accusés par les Nations unies et plusieurs organisations de défense des droits humains d’avoir commis des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture, des enlèvements et d’autres violences sous le régime de Yahya Jammeh.
Après le départ de l’ancien président en 2017, la Gambie a créé une Commission vérité, réconciliation et réparations pour enquêter sur les crimes commis durant son règne.
La commission a estimé qu’entre 240 et 250 personnes avaient été tuées par l’État sous Yahya Jammeh.
Plusieurs anciens proches de l’ex-président gambien, dont des membres présumés des Junglers, ont depuis été arrêtés ou condamnés à l’étranger, notamment en Allemagne, en Suisse et aux États-Unis.