RDC : à Kimoka, le retour des déplacés s’accompagne d’un défi humanitaire

Damien Mama, chef adjoint de la MONUSCO, en visite dans un village du territoire de Masisi   -  
Copyright © africanews
Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved

À Kimoka, dans le territoire de Masisi, une équipe des Nations unies a rencontré vendredi des habitants récemment revenus dans cette zone du Nord-Kivu contrôlée par le M23. La mission devait évaluer leurs conditions de vie et leurs besoins, notamment en matière d’aide agricole et de réinsertion socio-économique.

Sur place, les membres de la délégation ont notamment observé des femmes travaillant dans les champs et examiné leurs récoltes. Pour Damien Mama, coordonnateur des activités humanitaires des Nations unies en République démocratique du Congo, les femmes rencontrées ont clairement exprimé le besoin d’accéder également à l’élevage afin de renforcer leur autonomie économique et leur capacité à faire face aux conséquences du conflit.

Selon les données des organisations humanitaires, environ 30 384 personnes, soit 5 064 ménages, avaient regagné Kimoka et Saké au 4 février 2025. Dans plusieurs villages du territoire de Masisi, plus de 1 400 personnes, majoritairement des femmes revenues de camps de déplacés, bénéficient par ailleurs de programmes d’appui à l’agriculture et de réintégration socio-économique.

Parmi elles figure Sifa Asifiwe, bénéficiaire d’un financement de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Elle explique avoir trouvé dans cet accompagnement un soutien déterminant pour reprendre une activité agricole après les déplacements provoqués par les violences.

Les bénéficiaires soulignent également les effets de ces activités sur l’alimentation des familles. L’amélioration de la production agricole aurait notamment contribué à une meilleure nutrition et, selon les témoignages recueillis, à l’amélioration de l’état de santé des enfants.

La situation demeure toutefois extrêmement fragile. Près de 95 000 personnes sont toujours déplacées aux environs de Goma, selon l’ONU, en raison des violences perpétrées par des groupes armés. À cette crise humanitaire s’ajoute une importante urgence sanitaire : les derniers chiffres officiels communiqués cette semaine par les autorités congolaises font état de 7 022 cas d’Ebola et de 3 398 décès.

Voir sur Africanews
>