Soudan : au moins 82 morts dans l’effondrement d’une mine d’or

Jeudi 7 mai 2026, sur un site minier artisanal de Dalago Mahas, dans l'État du Nord au Soudan   -  
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Au moins 82 personnes ont perdu la vie après l’effondrement, mardi, d’une mine d’or dans la région du Kordofan, dans le sud du Soudan. Une source au sein des Forces de soutien rapide (FSR), qui contrôlent la zone, a également fait état d’une cinquantaine de blessés.

Les opérations de secours se poursuivaient mercredi avec des moyens rudimentaires. Un nombre encore indéterminé de personnes pourrait être bloqué sous les décombres.

À l’aube, 60 corps avaient été extraits de la mine d’Al-Zaraa. 22 autres ont été récupérés dans la journée.

« Tout le monde travaille dur pour récupérer les corps et chercher d’éventuels survivants, mais c’est compliqué. Nous avons besoin d’engins pour dégager la roche et la terre », a raconté à l’AFP Khair al-Sayyed Jabara, l’un des rescapés.

Des mines artisanales particulièrement dangereuses

L’accident met une nouvelle fois en lumière les risques liés à l’exploitation artisanale de l’or au Soudan.

Dans ces mines, les puits sont souvent creusés très près les uns des autres, sans installations permettant de garantir la sécurité des travailleurs.

« Si l’un d’eux s’effondre, tous les autres autour s’effondrent », explique Al-Amin Suleiman, un mineur présent au moment de l’accident.

La majorité de l’or extrait au Soudan provient d’exploitations informelles. Les mineurs y travaillent avec des outils rudimentaires, pour de faibles revenus quotidiens. Ils peuvent également être exposés à des substances toxiques, notamment le cyanure, utilisé pour extraire l’or du minerai.

La région du Kordofan, riche en ressources minières, compte de nombreuses exploitations non officielles et peu ou pas sécurisées. Pour de nombreux jeunes, cette activité représente pourtant une source de revenus dans un pays plongé dans une crise économique et humanitaire majeure.

L’or au cœur de l’économie de guerre

Depuis avril 2023, le Soudan est ravagé par une guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide. Les deux camps tirent profit des ressources du pays, notamment de l’or, dont le commerce représente plusieurs milliards de dollars.

Près de 20 millions de personnes sont aujourd’hui confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, selon l’ONU, ce qui pousse de nombreux Soudanais à se tourner vers l’exploitation minière pour tenter de survivre.

Le Soudan figure parmi les principaux producteurs d’or d’Afrique. Selon la société publique Sudanese Mineral Resources Company, 70 tonnes ont été produites en 2025, un niveau présenté comme le plus élevé depuis cinq ans.

Les Émirats arabes unis au centre des accusations

Selon des responsables soudanais et des sources du secteur minier, une grande partie de l’or exporté officiellement ou par des réseaux parallèles serait destinée aux Émirats arabes unis.

Abou Dhabi est accusé par plusieurs rapports internationaux de soutenir les Forces de soutien rapide et de leur fournir des armes, ce que les autorités émiraties démentent.

En juillet, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont annoncé des sanctions visant le commerce de l’or soudanais. Londres estimait alors que ce commerce, évalué à plusieurs milliards de dollars, contribuait au financement de l’achat d’armes et aux activités de groupes armés.

Dans un pays où la guerre se poursuit, l’or reste donc à la fois un moyen de subsistance pour des milliers de travailleurs et une ressource stratégique au cœur de l’économie du conflit.

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