Côte d'Ivoire : le Biama, bien plus qu'une danse, un mouvement

Le biama, plus qu'une danse un mouvement, à Yopougon, Abidjan en Côte d'Ivoire   -  
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Dans les rues de Yopougon à Abidjan, des centaines de jeunes se rassemblent chaque semaine après les cours pour danser le biama, un mélange de pirouettes acrobatiques, de pas de danse et d’expressions faciales amusantes.

Dans ce quartier de la capitale économique où tout a commencé, des « biamasseurs » organisent des événements en plein air où les DJ se succèdent sur scène.

« Le biama, c'est avant tout s'amuser. Je veux dire, je ne sais pas trop comment l'expliquer. En nouchi (argot ivoirien), on appelle ça le « tchegboya » : c'est une façon de s'amuser, de « se lâcher », avec une touche d'humour pour faire rire le public. », a expliqué Junior Koffi, alias « God of War », organisateur de soirées « biama ».

Les vidéos du danseur et chanteur Dydy Yeman, l’une des figures de proue de ce mouvement, ont totalisé des dizaines de millions de vues sur YouTube. L’artiste s’est déjà produit hors de Côte d’Ivoire, tant ailleurs en Afrique qu’en Europe. Mais ses débuts ont été modestes et il a exprimé sa « fierté » d’être originaire de Yopougon, berceau du biama

« Personnellement, je pense que, comme on est de là-bas – on est du quartier –, on a naturellement envie de développer le biama aussi, pour pouvoir l’exporter vers d’autres pays et d’autres continents. », a indiqué Dydy Yeman, danseur et chanteur de biama.

La musique est souvent un mélange de styles créé par des arrangeurs, qui s’inspirent des pas de danse.

« Depuis 2022, ici, on a commencé à travailler dans ce studio, c'est à partir de là qu'on a commencé à enregistrer les artistes, on peut dire de tous genres, principalement les artistes du biama. Bon au niveau du biama, les artites qu'on a enregistrés, je pense qu'ils peuvent avoisiner les 50.», Elie-Michel Assie Diou, arrangeur musical.

Cette mode a conquis la jeunesse de Côte d’Ivoire — où près des deux tiers de la population ont moins de 25 ans — depuis qu’elle a émergé, il y a quelques années, de la musique de danse populaire « coupé-décalé ».

« Le biama, c’est la joie de vivre ; c’est le rire. N’est-ce pas ? Ce sont aussi les expressions faciales. Ainsi, quand on observe les expressions faciales des femmes d’âge mûr – prenons, par exemple, leur joie de vivre –, ce sont des phénomènes sociaux, des aspects de la société qui peuvent perdurer dans le temps. Alors, avouons-le, le biama a bel et bien le potentiel de perdurer, car nous aurons toujours besoin de rire et de nous taquiner les uns les autres, tout simplement. », a indiqué Stéphane Babo, sociologue.

Le biama est né par hasard en 2021 dans une salle de jeux vidéo, lorsqu’un jeune homme exubérant s’est levé d’un bond et s’est mis à improviser des pas de danse pour fêter un gain d’argent, filmé par son ami.

Aujourd’hui, Karl Guei, surnommé « Kalomaman », compte deux millions d’abonnés sur TikTok, selon le journaliste culturel Toussaint Konan.

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