RDC : une mission de vérification du cessez-le-feu déployée

Les rebelles du M23 escortent les soldats et les policiers du gouvernement qui se sont rendus vers un lieu tenu secret à Goma, en République démocratique du Congo, 30/01/23   -  
Copyright © africanews
Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

Une mission chargée de vérifier le fragile cessez-le-feu entre l’armée congolaise et le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, a été déployée lundi dans l’est de la République démocratique du Congo, alors que les deux parties s’échangeaient des accusations d’exactions.

L'est de la RDC est déchiré par des décennies de conflit opposant de multiples groupes armés qui se disputent ce territoire riche en minerais, notamment le M23, qui s'est emparé de nouvelles portions de la région l'année dernière. Les efforts de paix menés l'année dernière par le Qatar et les États-Unis visaient à mettre fin à la crise, ce qui a conduit à la signature de deux accords distincts.

Le gouvernement congolais et le M23 ont signé un engagement en faveur d’un cessez-le-feu à Doha en juillet 2025, tandis que la RDC et le Rwanda ont officialisé en décembre à Washington un accord de paix négocié par les États-Unis. Cependant, les combats se sont poursuivis sur le terrain.

Dimanche, le gouvernement suisse a annoncé dans un communiqué que la RDC et le M23 s’étaient mis d’accord sur une feuille de route pour les pourparlers de paix, à l’issue de négociations menées en Suisse. Il a également évoqué le déploiement prochain sur le terrain d’un organisme régional chargé de vérifier les violations du cessez-le-feu auquel les parties se sont engagées.

Le mécanisme de vérification des violations du cessez-le-feu comprend des représentants du gouvernement congolais et du M23, ainsi que des observateurs issus des pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Cette mission, la première du genre, a été déployée lundi par des hélicoptères de l’ONU à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu, qui a été le théâtre d’affrontements intenses ces derniers mois, selon des sources de l’ONU et du gouvernement. La mission se rendra également dans la ville lacustre d’Uvira, d’où le M23 s’est retiré en janvier, ainsi que sur le territoire de Kalehe, où des combats ont été signalés ces dernières semaines, a déclaré à l’AFP le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi. Ni les autorités de la RDC ni celles du M23 n’ont pour l’instant réagi à l’annonce de cette mission.

Plusieurs efforts de médiation internationaux n’ont pas réussi à faire taire les armes dans l’est de la RDC, où une myriade de groupes armés sont actifs. En avril, la RDC et le M23 avaient convenu de faciliter l’aide humanitaire et de libérer des prisonniers à l’issue de pourparlers en Suisse. Un premier groupe de prisonniers a été remis au M23 par le gouvernement congolais au début du mois.

De nouvelles discussions se sont tenues à huis clos du 17 au 21 août, en présence de représentants des États-Unis, du Qatar, de la Suisse, de la Commission de l’Union africaine et du Togo, qui fait office de médiateur de l’Union africaine. Les deux parties ont déclaré s’être « mises d’accord sur l’importance d’une méthode standardisée pour signaler les allégations de violations du cessez-le-feu », selon le communiqué publié dimanche par le gouvernement suisse.

Elles ont également convenu de mettre en place un « mécanisme chargé d’examiner les progrès réalisés et de relever les défis liés à la mise en œuvre des obligations et des engagements pris au titre de l’accord-cadre de Doha », a-t-il ajouté.

Dans un communiqué publié lundi, la RDC a condamné les « crimes et violations graves des droits de l’homme » qui auraient été commis par le M23 dans les territoires sous son contrôle et a accusé le groupe d’avoir tué « plus de 300 personnes » en juin et juillet. Par ailleurs, un porte-parole du M23 a accusé les forces gouvernementales d’avoir lancé une « attaque meurtrière » à l’artillerie contre un village près de Minembwe. Les deux camps se sont régulièrement accusés mutuellement d’exactions présumées et de violations du cessez-le-feu, souvent invérifiables par des instances indépendantes.

La région entourant Minembwe, qui fait l’objet d’une lutte acharnée depuis des mois, est particulièrement difficile d’accès pour les organisations internationales. Selon des rapports d’ONG et d’experts de l’ONU, le M23 aurait également réduit au silence les voix dissidentes, notamment celles de journalistes et de militants des droits de l’homme, dans les zones sous son contrôle.

À découvrir également

Voir sur Africanews
>