L’armée malienne a annoncé jeudi avoir obtenu la libération de 82 militaires détenus depuis les attaques du 25 avril, revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et le FLA, mouvement rebelle à dominante touarègue. Ces offensives avaient notamment visé le principal aéroport du pays et provoqué la mort du ministre malien de la Défense.
Mali : l’armée annonce la libération de 82 soldats et Goïta gracie un Français
Dans un communiqué, l’armée a indiqué que les soldats avaient été « retenus en otage » par des « groupes armés terroristes affiliés à la coalition GSIM-FLA ». Elle a attribué leur libération à une « planification rigoureuse » et à la mobilisation coordonnée des capacités nécessaires à ce type d’opération.
Les deux groupes avaient également revendiqué les attaques menées le 4 juillet contre plusieurs positions de l’armée malienne. Le Mali est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, marquée par l’activité de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, mais aussi par les violences de groupes criminels, communautaires et de mouvements touaregs indépendantistes.
Un agent français gracié après une condamnation à 20 ans
Le même jour, le président de la transition malienne Assimi Goïta, a accordé sa grâce à un ressortissant français identifié comme Yann Christian-Bernard Vézilier, officiellement affecté à l’ambassade de France à Bamako. Présenté par les autorités maliennes comme un agent de renseignement, il avait été condamné en juin à 20 ans de prison pour des faits liés à une accusation de complot contre les institutions du pays.
Arrêté le 13 août 2025 lors d’une opération menée par la Sécurité d’État malienne, Yann Christian-Bernard Vézilier se trouvait alors en compagnie de plusieurs officiers des Forces armées maliennes (FAMA). Il avait été accusé de conspiration contre les institutions de la transition, dans un pays dirigé depuis les coups d’État de 2020 et 2021 par une junte en rupture avec la France.
Détenu pendant près de dix mois à Bamako, notamment au camp 1 de la gendarmerie, il avait finalement été condamné à 20 ans de prison en juin. Le gouvernement malien a précisé que la grâce « ne remet pas en cause les faits établis » lors d’un procès qu’il affirme avoir conduit dans le respect des droits de la défense. La mesure est assortie de son « retrait immédiat » du territoire national.
Les autorités maliennes ont par ailleurs remercié un « pays frère », sans en préciser l’identité, pour sa contribution à l’obtention de cette grâce.
Les officiers maliens arrêtés en même temps que l’agent français, depuis radiés de l’armée, n’ont toujours pas été jugés. Ils sont accusés d’avoir constitué un réseau d’espionnage et participé à un projet visant à déstabiliser les institutions de la transition en vue d’un coup d’État.
Bamako s’est rapproché de Moscou
Ces développements interviennent dans un contexte de profond bouleversement des alliances du Mali. Depuis les deux coups d’État de 2020 et 2021, la junte a progressivement rompu avec la France et les Nations unies, tout en renforçant ses liens militaires et politiques avec la Russie.
Bamako a notamment obtenu le départ des forces françaises et de la mission de l’ONU, avant de se tourner vers des partenaires russes pour soutenir ses opérations militaires. Cette réorientation n’a toutefois pas mis fin à l’insurrection jihadiste, qui continue de peser lourdement sur la sécurité du pays.