Zambie : Brian Mundubile dénonce une campagne déséquilibrée à la veille de la présidentielle

Des opposants zambiens face à la police anti-émeute à Lusaka, le 1er octobre 2006   -  
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À la veille de l’élection présidentielle zambienne, le principal challenger du président sortant Hakainde Hichilema, Brian Mundubile, dénonce des restrictions qui, selon lui, ont entravé sa campagne et rompu l’équilibre entre les candidats. Passeports saisis, moyens de communication confisqués, autorisations de vols refusées et interventions policières : le candidat de l’opposition affirme avoir été confronté à un processus électoral profondément déséquilibré, tandis que le pouvoir rejette les accusations de restrictions.

« Nous avons été mis en difficulté. Nous n’avons pas pu mener librement notre campagne », affirme Brian Mundubile, à la veille du scrutin présidentiel de jeudi. Le candidat de la coalition Tonse Alliance assure avoir dû composer avec des contraintes qui ont limité sa capacité à se déplacer et à tenir des meetings. Selon lui, des autorisations lui ont notamment été refusées pour atterrir et effectuer des vols, l’obligeant à mener sa campagne essentiellement par la route.

Le contraste avec les moyens dont aurait disposé le président sortant est, à ses yeux, particulièrement marqué. « Notre adversaire, le président Hakainde Hichilema, disposait de trois hélicoptères et pouvait ainsi tenir jusqu’à six meetings par jour », affirme-t-il, estimant que son propre camp a été privé de conditions comparables pour aller à la rencontre des électeurs.

Mundubile évoque également des mesures qui, selon son témoignage, l’ont directement visé. « On m’a privé de passeport pendant quatre mois. Mes téléphones et leurs cartes SIM ont également été saisis il y a quatre mois », déclare-t-il. Le candidat présente ces épisodes comme les éléments d’un processus électoral plus largement marqué par des entraves à l’activité de l’opposition.

Son accusation porte aussi sur le rôle des forces de sécurité et de la Commission électorale de Zambie (ECZ). « Tout au long de la période électorale, on nous a empêché de faire campagne normalement », soutient-il. Il affirme que la police est intervenue « à chaque étape » et accuse des militants de l’United Party for National Development (UPND), le parti de Hichilema, d’avoir été impliqués dans des violences contre son camp. Selon lui, l’ECZ n’aurait pas pris les mesures nécessaires pour suspendre ou encadrer les activités de campagne de la formation présidentielle.

Ces accusations interviennent dans une campagne déjà marquée par des affrontements entre partisans rivaux, des interventions de la police et des tirs de gaz lacrymogènes. Le camp de Mundubile a dénoncé des restrictions de ses activités, tandis que le gouvernement conteste ces accusations. Le scrutin constitue ainsi aussi un test pour les institutions démocratiques zambiennes, dans un pays longtemps considéré comme relativement stable sur le plan politique en Afrique australe.

À 55 ans, Brian Mundubile s’est imposé comme le principal candidat d’une opposition qui cherche à dépasser ses divisions. Avocat, ancien ministre et ancien allié du président Edgar Lungu, décédé en 2025, il a été choisi par la Tonse Alliance après une sélection interne disputée. Son parcours l’oblige toutefois à convaincre des électeurs critiques de l’ancien pouvoir dont il fut l’un des responsables, tout en capitalisant sur le mécontentement suscité par le coût de la vie et le chômage.

Face à lui, Hakainde Hichilema, 64 ans, brigue un second et dernier mandat après sa victoire de 2021, qui avait mis fin à plusieurs années de domination du Patriotic Front. Le chef de l’État met en avant la restructuration de la dette zambienne, la reprise de la croissance et la relance du programme conclu avec le Fonds monétaire international. Mais l’amélioration des indicateurs macroéconomiques peine encore à se traduire dans le quotidien d’une large partie de la population : selon la Banque mondiale, plus de 70 % des quelque 22 millions de Zambiens vivent avec moins de trois dollars par jour.

La bataille électorale se joue donc aussi sur cette fracture entre réformes économiques et perception de leurs effets. Près de la moitié des électeurs inscrits ont entre 18 et 35 ans, faisant de la jeunesse un réservoir de voix déterminant. Mundubile entend notamment convertir ce mécontentement en soutien électoral, alors que Hichilema sollicite la continuité au nom des réformes engagées depuis son arrivée au pouvoir.

Quatorze candidats sont en lice pour la présidence, mais seuls Hichilema et Mundubile sont largement considérés comme les principaux prétendants à la présidence. Les Zambiens éliront également leurs députés, le nombre de circonscriptions étant passé de 156 à 226. Les résultats de la présidentielle sont attendus le 17 août. Un second tour sera organisé si aucun candidat n’obtient plus de 50 % des suffrages exprimés.

Pour Mundubile, toutefois, l’enjeu dépasse le seul décompte des voix. « Il faut considérer l’ensemble du processus, et pas seulement ce qui se passera demain ou ce qui s’est passé aujourd’hui », insiste-t-il, faisant de l’équité de la campagne et de la capacité des institutions à garantir un scrutin compétitif, une question centrale de cette présidentielle.

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