Salaires impayés et risques sur le terrain : en RDC, des professionnels de santé dans la lutte contre Ebola ne sont pas logés à la meilleure enseigne. Alors que l'épidémie est en cours, certains sortent du silence sur fond de menace d'arrêt de travail.
Dans l'enfer des équipes engagées dans la lutte contre Ebola
Fort de son engagement dans la lutte contre Ebola en 2018, Wiza Bondele est de retour sur le terrain alors qu’une nouvelle épidémie du virus sévit en RDC.
Il est notamment chargé de la désinfection des foyers où des cas ont été enregistrés et de la sensibilisation des communautés à la maladie.
Pourtant, Wiza a exercé son activité pendant une période de trois mois sans avoir reçu de salaire. Les agents payés ont reçu 380 dollars au lieu des 510 dollars promis.
C’est ainsi qu’en juillet, Wiza s’est joint à d’autres professionnels de santé pour mener une grève contre le non-paiement des salaires et les conditions de travail dangereuses.
''Oui, nous nous sommes mis en grève parce que nous constations que nous travaillions dans des conditions dangereuses et que nous y consacrions toute notre énergie. Nous travaillons dans des situations à risque. On peut se retrouver face à un patient qui vomit du sang, et il faut nettoyer tout ça. Nous sommes confrontés à ce genre de risques, et nous méritons à la fois notre prime et notre salaire. Lorsque nous avons réalisé que les autorités ne disaient rien au sujet de notre rémunération, nous avons décidé de faire grève'', raconte Wiza Bondele, membre de l'équipe de prévention et de lutte contre Ebola en RDC.
Un arrêt de travail qui tombe mal, alors que la 17e épidémie d’Ebola en RDC est considérée comme la plus grave, avec au moins 3 800 cas et 1 751 décès. Cinq provinces du pays sont touchées. Les populations se tournent vers l’État.
''Nous demandons aux autorités de tout mettre en œuvre pour trouver des médicaments qui mettront fin à cette maladie", déclare Georgine Imani, fille d’un homme décédé des suites d’Ebola.
En attendant, les professionnels de santé sont sur le terrain, sept jours sur sept, au contact des malades, prenant des risques non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs communautés.
Le cas de Wiza, qui parfois réfléchit à deux fois avant de poursuivre la lutte contre Ebola : ''Je veux continuer à travailler, mais je me trouve dans un environnement à haut risque. Je pourrais être contaminé par ce virus, puis contaminer ma famille et mes voisins. Je me rends donc compte qu’à cause de moi, beaucoup de gens pourraient mourir. C’est pourquoi il m'arrive de décider de quitter ce poste.''
Les États-Unis ont débloqué 242 millions de dollars américains supplémentaires pour soutenir la lutte contre Ebola.