Haïti : le Premier ministre appelle à la tenue des élections malgré l'insécurité

Le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, s'inscrit sur les listes électorales à Port-au-Prince, en Haïti, le 4 août 2026.   -  
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Alors qu’il s’est rendu au siège du Conseil électoral pour s’inscrire sur les listes électorales, le Premier ministre haïtien, Didier Fils-Aimé, a appelé à la tenue des élections dans le pays en dépit du climat sécuritaire. 

Les opérations d’enrôlement des électeurs sont entrées, lundi, dans leur deuxième semaine. Elles n’ont débuté que le 30 juillet dans le département de l’Ouest, qui comprend Port-au-Prince, la capitale, en raison de l’insécurité entretenue par les gangs. 

Mais le Premier ministre rassure : son gouvernement mettra tout en œuvre pour la tenue du scrutin. 

''Nous soutenons le CEP [Conseil électoral provisoire]. Nous lui fournissons des moyens financiers, et la loi électorale est prête. L’ensemble du gouvernement est mobilisé pour garantir le bon déroulement des élections. Nous apportons notre aide de toutes les manières possibles. Nous travaillons en parfaite harmonie avec le CEP. Les élections relèvent de l’autorité de l’État haïtien''.

Des élections, malgré la crise sécuritaire, c’est aussi le souhait de nombreux Haïtiens qui mettent en avant la nécessité de respecter les principes démocratiques. Le dernier vote organisé en Haïti remonte à une dizaine d’années. 

 ''Dans un pays démocratique, on ne devrait pas rester si longtemps sans organiser d’élections. Nous voulons que ces élections aient lieu. Bien sûr, je suis ici pour m’inscrire sur les listes électorales, mais je sais qu’il est possible qu’elles n’aient pas lieu. Comment des élections pourraient-elles se tenir dans un environnement aussi peu sûr ? Il faut d’abord un climat de paix, et ce n’est qu’alors que nous pourrons organiser des élections'', explique Jean Claude Fleurisaint, agronome.

Les élections sont prévues entre décembre et février, dans un pays en proie à la violence qui a obligé environ 1,5 million de personnes à quitter leur domicile. Un premier calendrier, qui prévoyait un premier tour dès le 30 août 2026, avait déjà dû être abandonné. 

''Nous sommes confrontés à de grandes difficultés. Les gangs armés nous rendent la vie extrêmement difficile. Beaucoup d’entre nous sont opposés à la tenue d’élections dans ces conditions, mais si des élections doivent avoir lieu, elles doivent se dérouler dans de bonnes conditions.'', Brezil Vignon, électeur venant s’inscrire.

Haïti n’a plus de président élu depuis l'assassinat de Jovenel Moïse en 2021, alors que les électeurs ont été appelés aux urnes pour la dernière fois en 2016. 

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