Afrique du Sud : le départ de travailleurs migrants fragilise l'industrie textile

Des migrants du Malawi, au centre de rétention provisoire, à Durban, en Afrique du Sud, le 19 juin 2026.   -  
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Le départ de milliers de travailleurs migrants à la suite de manifestations xénophobes fragilise l'industrie textile de Newcastle, dans l'est de l'Afrique du Sud, où plusieurs fabricants peinent à remplacer une partie de leur main-d'œuvre et redoutent désormais des fermetures d'usines.

Dans cette ville de la province du KwaZulu-Natal, des rangées de machines à coudre sont aujourd'hui à l'arrêt après l'exode de nombreux salariés étrangers, provoqué par une campagne menée ces derniers mois par le mouvement anti-immigration March and March.

Selon plusieurs industriels interrogés par Reuters, entre 12 % et 19 % de leurs effectifs ont quitté leur poste durant les manifestations. Certains de ces salariés, originaires notamment de l'Eswatini et du Lesotho, occupaient des fonctions nécessitant un savoir-faire spécifique dans la confection textile.

Le mouvement March and March, qui attribue notamment le chômage élevé en Afrique du Sud à la présence de travailleurs étrangers, avait fixé au 30 juin une échéance pour le départ des migrants en situation irrégulière. Cette campagne, marquée par plusieurs mois de manifestations et d'actions menées par des groupes d'autodéfense, a poussé de nombreux travailleurs étrangers à quitter le pays.

Les industriels assurent cependant employer en majorité des Sud-Africains et affirment que les difficultés de recrutement tiennent davantage au manque de candidats prêts à accepter ces emplois qu'à une préférence accordée aux travailleurs étrangers.

Les syndicats estiment, eux, que le problème tient surtout à des salaires trop faibles pour attirer les travailleurs sud-africains. Le secteur, qui emploie environ 15 000 personnes dans la ville, traverse déjà une période difficile après des inspections ayant révélé des infractions au droit du travail et entraîné une baisse des commandes.

La filière textile de Newcastle, largement contrôlée par des entrepreneurs chinois installés de longue date en Afrique du Sud, fournit principalement les enseignes nationales de distribution. Le secteur est considéré par les autorités comme stratégique pour réduire la dépendance du pays aux importations de vêtements.

Plusieurs fabricants, confrontés à la fois au manque de main-d'œuvre et au recul de l'activité, préviennent que des fermetures d'usines pourraient intervenir dans les prochains mois.

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