Kenya : des pesticides soupçonnés d'avoir tué quinze éléphants

Un troupeau d'éléphants, dans le parc national d'Amboseli, à Kajiado, au Kenya, le 12 février 2026.   -  
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Le Service kényan de la faune sauvage (KWS) enquête sur la mort de quinze éléphants retrouvés dans l’écosystème d’Amboseli, une vaste zone de conservation située entre les parcs nationaux d’Amboseli et de Tsavo, près de la frontière tanzanienne. Selon l’agence, certains animaux présentaient des signes de « paralysie partielle » et des traces de cyanure ont été détectées dans des prélèvements effectués sur leur contenu stomacal.

Le vétérinaire en chef du KWS, le Dr Isaac Lekolool, estime que les éléphants pourraient avoir été exposés à cette substance par l’intermédiaire de pesticides utilisés dans les cultures de tomates de Kimana, une zone agricole proche du corridor emprunté par les pachydermes. Il n’exclut cependant ni un empoisonnement volontaire ni d’autres causes, soulignant que ce type de mortalité est inédit dans la région.

La piste des pesticides s’appuie notamment sur un rapport publié en 2024 par l’initiative kényane Route to Food, qui avait identifié l’utilisation à Kimana d’un insecticide contenant un composé chimique à base de cyanure. Son auteur, Wangunyu Njuguna, affirme que des produits agrochimiques interdits au Kenya continuent d’entrer clandestinement depuis la Tanzanie en raison de contrôles insuffisants.

Plusieurs spécialistes de la conservation mettent toutefois en doute cette hypothèse. Paula Kahumbu, qui travaille depuis près de trente ans sur les éléphants, estime que les données disponibles ne suffisent pas à établir un lien direct avec les pesticides. Elle souligne notamment qu’il faudrait que les animaux consomment d’importantes quantités de végétaux contaminés pour atteindre une dose létale.

D’autres experts relèvent que les éléphants mâles adultes, généralement plus susceptibles de pénétrer dans les exploitations agricoles, sont peu représentés parmi les victimes : un seul des quinze éléphants morts était un mâle adulte. Des habitants de Kimana s’interrogent également sur le fait que d’autres espèces consommant les mêmes ressources, comme les zèbres ou les antilopes, n’aient pas été touchées.

L’affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes entre populations locales et faune sauvage. Les agriculteurs de Kimana dénoncent régulièrement les dégâts causés par les éléphants dans leurs cultures. Pour l’organisation Save the Elephants, la principale menace pour les éléphants d’Amboseli est désormais la pression foncière : l’extension des terres agricoles et des infrastructures touristiques réduit leurs espaces de déplacement.

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