Nigeria : le prix d'accès à la plage dans l'État de Lagos fait polémique

Des baigneurs sur la plage de Takwa Bay, à Lagos, au Nigeria, ce dimanche 28 juin 2026. (Photo AP/Sunday Alamba)   -  
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A Lagos, les plages sont prisées pour évacuer le stress provoqué par le rythme de la vie dans la mégalopole nigériane de plus de 20 millions d’âmes. Mais, progressivement, la majeure partie de ses 180 kilomètres de côtes est en train d’être privatisée.

Conséquence : ce qui était autrefois des espaces publics gratuits est devenu, pour l’essentiel, payant. 

Mukhtar Oladunmade passe généralement ses week-ends à la plage. Le constat de ce nigérian qui sillonne l’Afrique de l’Ouest est sans appel. 

''Dans le cadre de mon travail, je me suis rendu à Somone, Dakar, Lomé, Accra et Cotonou, dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Là-bas, c’est beaucoup plus facile de se réveiller et d’aller directement à la plage, car c’est gratuit. Mais ici, à Lagos, au Nigeria, sur une grande partie de notre littoral, il faut payer pour en profiter. Ce matin, j’ai décidé de venir à la plage : je me suis réveillé, j’ai dû me faire conduire de chez moi jusqu’à l’embarcadère, puis payer le droit d’entrée ici, payer pour faire du quad, payer pour toutes sortes de choses. En moyenne, cela peut coûter entre 30 000 nairas (21,78 $) et 40 000 nairas (29,03 $), selon ce que l’on souhaite faire ici à la plage.'', raconte-t-il.

Une bagatelle, dans un pays où le salaire minimum national s’élève à 56,20 dollars par mois. L’accès à la plage n’est donc quasiment plus à la portée de toutes les bourses. 

''La commercialisation de ces plages crée indéniablement une barrière sociale : certaines personnes peuvent s’évader du stress de Lagos. Elles peuvent aller à la plage, fréquenter des restaurants très chers, se promener et essayer de tout oublier, tandis que d’autres n’en ont pas les moyens. Le salaire minimum ici est d’environ 70 000 nairas, et rien qu’aujourd’hui, j’ai dépensé plus de la moitié de cette somme juste pour venir à la plage une seule journée sur les 30 que compte le mois. Cela crée donc clairement une barrière sociale : il y a des gens qui peuvent profiter de la nature et de la beauté de Lagos, et d’autres qui ne le peuvent absolument pas.'', explique Mukthar Oladunmade. 

En 2025, l’État de Lagos a enregistré 1,9 milliard de dollars, de recettes internes, soit une hausse de 16 % par rapport à 2024, selon son commissaire aux finances. 

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