Un tribunal malien a condamné vendredi 24 juillet le colonel Kassoum Goita, ancien chef du renseignement intérieur, à quinze ans de prison, après l’avoir reconnu coupable de « complot contre le gouvernement » et d’« association de malfaiteurs ». L’officier était poursuivi pour des faits présumés de tentative de coup d’État et de déstabilisation des institutions de l’État.
Mali : l’ex-chef du renseignement intérieur condamné à 15 ans de prison
Au cours de ce procès, qui s’est étendu sur dix jours, Kassoum Goita a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui. Il a, en retour, mis directement en cause les autorités dirigeantes, qu’il a accusées de détournements de fonds publics et affirmé avoir été soumis à des actes de torture. Le parquet avait requis une peine de vingt ans d’emprisonnement à son encontre, ainsi qu’à l’encontre de cinq autres prévenus.
Les six accusés ont tous contesté les faits qui leur étaient reprochés. À l’issue du procès, leurs peines s’échelonnent de sept à quinze ans de prison. « Nous ne sommes pas surpris par le verdict. Nous entendons épuiser toutes les voies de recours internes avant de nous tourner vers d’autres instances », a déclaré à l’AFP un avocat de la défense.
Le parcours de Kassoum Goita s’inscrit au cœur de la succession de coups de force qui ont bouleversé le Mali depuis 2020. L’ancien responsable du renseignement avait participé au renversement, en août de cette année-là, du président élu Ibrahim Boubacar Keïta, lors d’un putsch conduit par le colonel Assimi Goita. Les deux militaires, qui portent le même nom de famille, ne sont toutefois pas apparentés.
Sous la pression de la communauté internationale, les militaires avaient ensuite transféré le pouvoir à un gouvernement de transition dirigé par des civils, chargé de préparer le retour à un régime civil. Kassoum Goita avait alors été nommé à la tête du renseignement intérieur. Il a toutefois été écarté après le second coup d’État mené en 2021 par Assimi Goita, qui avait renversé les dirigeants de la transition avant de se proclamer président de la période intérimaire.
Cette condamnation intervient ainsi dans un contexte politique marqué par la persistance de tensions au sein de l’appareil d’État et par les suites judiciaires des luttes de pouvoir qui ont accompagné la prise de contrôle du pays par les militaires.