Algérie : le Premier ministre Sifi Ghrieb rend visite aux survivants de l’incendie d’un orphelinat

L'orphelinat endommagé par un incendie à Mohammedia, près d'Alger, en Algérie, le 16 juillet 2026.   -  
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Le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb s’est rendu jeudi auprès des survivants de l’incendie qui a ravagé un orphelinat dans la commune de Mohammadia, à l’est d’Alger, un sinistre qui a fait au moins onze morts, parmi lesquels plusieurs enfants, selon les autorités.

Le chef du gouvernement a également visité les blessés pris en charge dans deux établissements hospitaliers de la capitale, où il a assuré que toutes les mesures nécessaires avaient été ordonnées pour garantir leur prise en charge médicale.

« Au nom du président de la République et des membres du gouvernement, je présente nos sincères condoléances aux familles des victimes », a déclaré Sifi Ghrieb lors de sa visite. Il a ajouté que des instructions avaient été données « afin d’assurer les meilleurs soins possibles aux victimes et aux blessés de cet accident ».

Le drame s’est produit dans la nuit de mercredi à jeudi, dans un contexte particulièrement tendu pour l’Algérie, frappée depuis plusieurs jours par une intense vague de chaleur et une multiplication des incendies dans plusieurs régions du nord du pays.

Les pompiers ont été alertés avant l’aube et ont lutté plusieurs heures pour maîtriser les flammes qui ravageaient le bâtiment de l’orphelinat. « Vers 3 heures du matin, nous avons entendu les camions de pompiers arriver et les enfants crier », a raconté Abdessalam Merrah, un habitant du quartier âgé de 41 ans. « Nous avons aidé autant que nous pouvions, mais malheureusement, on nous a annoncé que onze personnes étaient déjà mortes. »

Des traces noires étaient encore visibles jeudi matin autour des fenêtres du bâtiment incendié. Selon un témoin, les secours ont dû utiliser une tronçonneuse pour retirer des barreaux métalliques afin de permettre l’évacuation des occupants.

La Protection civile algérienne a indiqué que le bilan restait provisoire et fait état de dix-neuf blessés. L’origine du sinistre demeure pour l’heure inconnue. Le chef du service de médecine légale de l’hôpital Mustapha-Bacha, Rachid Belhadj, a précisé que certains corps avaient été entièrement carbonisés et nécessitaient des analyses ADN pour être identifiés.

Le président Abdelmadjid Tebboune a confirmé que « plusieurs enfants » figuraient parmi les victimes.

Un pays confronté à près d’un millier d’incendies en une semaine

Cet incendie intervient alors que l’Algérie traverse une période critique marquée par une vague de chaleur exceptionnelle et une série de feux de grande ampleur. Selon la Protection civile, relayée par les médias publics, 932 incendies ont été recensés entre le 8 et le 15 juillet dans différentes régions du pays.

La majorité de ces feux ont été maîtrisés, mais certains foyers restaient actifs jeudi. Les autorités ont mobilisé des moyens considérables : plus de 19 000 agents, 700 camions d’intervention, six hélicoptères et douze avions bombardiers d’eau participent aux opérations de lutte contre les incendies.

Des évacuations de populations ont également été organisées dans plusieurs wilayas du nord, notamment Béjaïa, Guelma, Bouira et Mila, selon l’agence de presse officielle APS.

Dans la province de Sétif, un agent municipal est mort mercredi alors qu’il participait aux opérations contre un incendie, a indiqué le maire local.

Chaque été, le nord de l’Algérie est confronté à des feux de forêts récurrents, aggravés par la sécheresse, la hausse des températures et les effets du changement climatique. Ces dernières années, ces incendies ont causé la mort de plusieurs dizaines de personnes, détruit des milliers d’hectares de forêts et de terres agricoles, et provoqué d’importants dégâts matériels.

Les autorités algériennes évoquent également la piste criminelle dans certains cas. Plusieurs suspects ont déjà été arrêtés lors de précédentes vagues d’incendies, alors que les enquêtes se poursuivent pour déterminer les responsabilités dans les sinistres en cours.

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