Des scènes de liesse ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi des deux côtés de la frontière entre Gibraltar et l'Espagne, à l'occasion de la réouverture du passage terrestre, mettant fin à des décennies de contrôles systématiques. Les images montrent le ministre en chef de Gibraltar, Fabian Picardo, enlacer le maire de La Línea, Juan José Franco, avant que les deux hommes ne franchissent ensemble la frontière. Sous les applaudissements, les douaniers britanniques ont quitté leurs postes, tandis que les habitants agitaient des drapeaux, dansaient dans les rues et brandissaient des pancartes proclamant : « Enfin, plus de files d'attente. » Pour de nombreux riverains et travailleurs transfrontaliers, cette réouverture marque un tournant historique.
Gibraltar célèbre la fin des contrôles à la frontière, un nouveau chapitre s’ouvre
À minuit, la clôture séparant Gibraltar de l'Espagne a été entièrement démontée, en application de l'accord conclu mardi entre le Royaume-Uni et l'Union européenne après plusieurs années de négociations liées au Brexit. Ce traité intègre de facto Gibraltar à l'espace Schengen. Les contrôles des passeports sont désormais assurés conjointement par les autorités britanniques et espagnoles à l'aéroport et au port, mettant fin aux contrôles terrestres quotidiens auxquels étaient soumis près de 15 000 travailleurs espagnols.
Le commissaire européen Maroš Šefčovič a salué un « moment historique » après quatre années de négociations, tandis que Fabian Picardo a assuré que Gibraltar demeurait une « forteresse numérique », grâce au déploiement de nouvelles caméras et au renforcement des effectifs policiers. Cédé au Royaume-Uni en 1713, ce territoire britannique de 38 000 habitants reste au cœur d'un différend de souveraineté entre Londres et Madrid.