Ebola en RDC : les commerçants frontaliers étranglés par les restrictions

Le poste-frontière de Poids Lourd, côté congolais, à la frontière entre le Congo et le Rwanda, le 1er août 2019.   -  
Copyright © africanews
AP Photo

À Gisenyi, ville rwandaise frontalière de Goma en RDC, les effets de l’épidémie d’Ebola se font désormais sentir au quotidien dans les postes-frontières, où les autorités sanitaires ont renforcé les dispositifs de contrôle. Prises de température systématiques et surveillance accrue des flux de voyageurs rythment désormais les passages.

Ces mesures ont été mises en place alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une urgence sanitaire internationale face à la propagation du virus dans l’est de la République démocratique du Congo, où le premier cas a été confirmé à Goma, ville stratégique proche de la frontière.

Pour les commerçants du district de Rubavu, les conséquences économiques sont immédiates. « Nous aimerions que le gouvernement trouve une solution pour que nous puissions transporter nos marchandises normalement à travers la frontière, tout en continuant à prendre des précautions », explique Nsengiyaremye Kigendi.

Le témoignage de Twiringirimana Daniel illustre également la recomposition forcée des circuits commerciaux. « Pour l’instant, les choses ont changé : nous apportons nos marchandises à la frontière afin que des personnes les réceptionnent de l’autre côté et les transportent pour nous. Cela nous cause des pertes car nous devons partager les revenus, ce qui réduit nos bénéfices », déplore-t-il.

Cette situation économique tendue s’inscrit dans un contexte sanitaire particulièrement préoccupant en RDC. Les autorités congolaises font état d’environ 136 décès supposés liés à Ebola et de plus de 540 cas suspects, principalement concentrés en Ituri, épicentre de l’épidémie. Des bilans antérieurs évoquaient 88 décès pour 336 cas suspects, traduisant une progression rapide de la contamination.

L’OMS s’est dite « profondément préoccupée par l’ampleur et la rapidité » de la propagation du virus. Sa représentante en RDC, Anne Ancia, a averti que la crise pourrait se prolonger, rappelant qu’une précédente épidémie avait duré près de deux ans.

Sur le plan sécuritaire, l’est de la RDC reste marqué par des conflits armés persistants. L’Ituri est le théâtre d’affrontements récurrents entre groupes armés, tandis que le Nord-Kivu demeure fragmenté entre zones contrôlées par les autorités congolaises et territoires administrés par le M23, soutenu par le Rwanda selon Kinshasa. Cette situation complique fortement l’accès humanitaire et la coordination sanitaire.

Voir sur Africanews
>