Rwanda : qui était Félicien Kabuga, protagoniste du génocide, décédé à 93 ans ?

Félicien Kabuga, soupçonné d’avoir activement participé au génocide au Rwanda est décédé ce samedi à l'âge de 93 ans.   -  
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Félicien Kabuga, accusé d'avoir activement participé au génocide rwandais de 1994, notamment en finançant une station de radio qui incitait aux massacres, est décédé samedi. 

Autrefois l'un des fugitifs les plus recherchés au monde, Kabuga était accusé d'avoir contribué au financement de ce massacre, perpétré entre avril et juin 1994, qui avait conduit à la mort d'environ 800 000 personnes au Rwanda. 

Il a été arrêté à Paris en 2020 après avoir passé des années dans la clandestinité, utilisant une succession de faux passeports et bénéficiant de l'aide d'un réseau d'anciens alliés rwandais. 

En juillet 1994, il a cherché refuge en Suisse, mais en a été expulsé un mois plus tard. 

Il s'est ensuite envolé pour Kinshasa, puis s'est installé au Kenya, réussissant à échapper à trois tentatives d'arrestation par la police. 

Les États-Unis avaient offert une récompense de 5 millions de dollars en 2002 pour toute information menant à son arrestation et ont financé une campagne médiatique au Kenya - sa photo avait été diffusée dans tout le pays. 

Après avoir finalement été arrêté à Paris, il a été transféré à La Haye et inculpé pour génocide, complot en vue de commettre un génocide, incitation au génocide, ainsi que crimes contre l’humanité, notamment extermination et meurtre. 

Les procureurs ont accusé Kabuga, autrefois l’un des hommes les plus riches du Rwanda, d’avoir orchestré la tristement célèbre Radio-Télévision Libre des Mille Collines (RTLM), qui exhortait les Hutus à tuer les Tutsis à la machette. 

Il a également été accusé d’avoir "distribué des machettes" à des groupes génocidaires et de leur avoir ordonné de tuer des Tutsis. 

Ses avocats ont rétorqué qu’il n’était qu’un homme d’affaires jouant un rôle minime au sein de RTLM, qui décrivait les Tutsis comme des "cafards" devant être exterminés. 

Ils ont également nié qu’il ait fourni des machettes et soutenu la milice hutu meurtrière des Interahamwe. 

Kabuga a plaidé non coupable. 

Le procès à La Haye a été suivi de près au Rwanda, mais pas par Kabuga lui-même, qui a refusé d’y assister et ne l’a même pas suivi par vidéoconférence. 

En 2023, les juges ont suspendu le procès, estimant que Kabuga, en fauteuil roulant, était "inapte à participer de manière significative" à la procédure, mais il a été ordonné qu’il reste en détention dans l’attente d’une libération provisoire. 

Au moment de son décès, il attendait d’être transféré vers un pays disposé à l’accueillir. 

La présidente du tribunal, Graciela Gatti Santana, a ordonné une enquête approfondie sur les circonstances du décès de Kabuga. 

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