RDC : les singes Bonobos, une espèce rare qui est en danger  

Des soigneurs du refuge Lola ya Bonobo s'occupent de bonobos orphelins à Kinshasa, en République démocratique du Congo, le 8 avril 2026. (Photo AP/Samy Ntumba Shambuyi)   -  
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Le bonobo, autrefois appelé "chimpanzé nain" ou "chimpanzé pygmée", ne se trouve qu’en République démocratique du Congo. Cette espèce rare est en danger à cause du braconnage. Les Bonobos sont chassés illégalement pour leur viande. À Kinshasa, un sanctuaire pour Bonobos prend soin des bébés orphelins en les confiant à des mères de substitution qui se chargent de les élever. 

Micheline Nzonzi berce un petit bonobo endormi, un orphelin dont la survie dépend désormais entièrement des soins humains.

Dans ce refuge situé dans la périphérie boisée de Kinshasa, elle s’engage dans un processus d’un an consistant à élever le jeune primate à l’aide de biberons, de moments de jeu et d’une attention constante.

Ce centre, connu sous le nom de Lola ya Bonobo, est le seul refuge au monde dédié aux bonobos orphelins, généralement sauvés des braconniers ou retrouvés piégés chez des habitants qui les élèvent pour leur viande.

Ici, chaque bébé est confié à une mère d’accueil, avec laquelle il tisse des liens étroits qui durent souvent des années. Micheline Nzonzi a passé plus de deux décennies à aider à élever des générations de bonobos qui, sans cela, auraient eu peu de chances de survivre.

"Mon travail ici consiste à protéger ces enfants orphelins. Ils arrivent souvent stressés parce que les braconniers ont tué leur mère pour la manger", explique-t-elle. "Ils ont besoin d’être dans nos bras pour se sentir en sécurité, comme des enfants qui ont perdu leurs parents. Sans affection, ils peuvent mourir ou dépérir."

Les Bonobos grandissent dans un environnement stable

Au sanctuaire, l’éducation est une mission centrale. Le personnel s’efforce de sensibiliser le public à l’importance de protéger les bonobos, en soulignant qu’ils ne doivent pas être chassés, mangés ou gardés comme animaux de compagnie. Les défenseurs de l’environnement avertissent que le cycle de reproduction lent de l’espèce, qui élève un seul petit pendant quatre à cinq ans, rend le rétablissement particulièrement difficile.

L'éducateur Arsène Madimba souligne également que les bonobos, en particulier, sont plus vulnérables que les autres animaux chassés pour leur viande.

"Il n'y a pas que le bonobo qui soit victime du braconnage. Plusieurs animaux sont tués. Mais le problème avec les bonobos, c'est qu'on ne les trouve nulle part ailleurs. On ne les trouve qu'en RDC. Vous voyez ? C'est pour ça que leur nombre diminue, de manière significative", explique-t-il.

À Kinshasa, le commerce de viande de primates est entré dans la clandestinité. Les commerçants ont besoin de permis pour chasser les antilopes et d’autres espèces, mais le commerce de primates est interdit, en partie pour prévenir la propagation de maladies zoonotiques telles qu’Ebola.

Sur l’un des marchés de viande de brousse de la ville, on vend des rongeurs géants, des serpents et d’autres animaux. Guyva Mputu, un vendeur de viande de brousse, proposait du python, dont la chair congelée commençait à dégager de la vapeur sous l’effet de l’humidité.

Il explique qu’il vend de la viande de brousse depuis 10 ans. "Nous vendons à toute personne intéressée, de tous horizons, riches ou pauvres", dit-il.

À Lola ya Bonobo, des dizaines d’adultes vivent dans des enclos protégés, tandis que les plus jeunes grandissent dans une nurserie avant de s’intégrer progressivement à des groupes plus importants. Dans de rares cas, certains sont finalement réintroduits dans la nature après des années de préparation.

François Sandrin, de la Wildlife Conservation Society, qui œuvre en République démocratique du Congo et à l’échelle mondiale pour protéger les espèces menacées, affirme que le commerce de la viande de brousse constitue une menace majeure pour la faune sauvage à travers le pays, et pas seulement pour les bonobos.

Il explique que les efforts pour lutter contre ce commerce peuvent prendre de nombreuses formes, allant du développement de sources durables de protéines à la promotion d’une cuisine congolaise traditionnelle sans viande de brousse, tout en évitant les messages susceptibles d’aliéner ou d’humilier les communautés.

La viande de brousse, que l’organisation désigne sous le nom de "viande sauvage", est consommée dans de nombreuses régions du monde. Sandrin note que des approches alternatives pourraient s’inspirer de systèmes déjà en place ailleurs.

"En Europe ou en Amérique du Nord, il existe des systèmes très strictement réglementés par le biais de licences, de quotas, de saisons de chasse, de listes d’espèces, etc., ainsi qu’une application plus stricte de la loi. Cela se traduit par des populations florissantes de grands mammifères sauvages pouvant être chassés de manière durable", explique-t-il.

"Le défi consiste à adapter ces modèles aux réalités de l’Afrique centrale."

Les bonobos partagent près de 99 % de leur ADN avec les humains et, avec les chimpanzés, sont les plus proches parents vivants de l'Homme.

Mais leur population a considérablement chuté, passant d’environ 100 000 individus dans les années 1980 à environ 20 000 aujourd’hui. La principale menace est le commerce de la viande de brousse, qui se poursuit malgré les protections légales.

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