Une nouvelle vague de violences entre gangs à Port-au-Prince a contraint des centaines de personnes à fuir précipitamment leur domicile ce week-end.
Haïti : Port-au-Prince sous la terreur des gangs
Lundi, des familles déplacées se retrouvaient dispersées sur des places publiques et le long de la route menant à l’aéroport international Toussaint Louverture, emportant avec elles les quelques biens qu’elles ont pu sauver. Les affrontements ont éclaté dans plusieurs quartiers du nord de la capitale haïtienne, plongeant une nouvelle fois la population dans la peur. Sous le bruit incessant des tirs, de nombreux habitants ont quitté leur maison dans l’urgence, cherchant refuge loin des zones de combats.
Dans un communiqué, Médecins Sans Frontières (MSF) a indiqué que ses structures de santé situées à Cité Soleil et à Croix-des-Bouquets se trouvaient « au cœur des affrontements » depuis dimanche.
« En seulement 12 heures, nos équipes ont soigné plus de 40 personnes blessées par balle. L’un de nos agents de sécurité a également été touché par une balle perdue à l’intérieur même de l’enceinte de notre hôpital », a déclaré Davina Hayles, cheffe de mission de MSF en Haïti.
Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, en juillet 2021, les gangs ont progressivement renforcé leur emprise sur le pays. Ils contrôlent aujourd’hui plus de 90 % de Port-au-Prince, selon les autorités, et étendent désormais leurs activités criminelles pillages, enlèvements, violences sexuelles et viols aux zones rurales. Haïti demeure sans président depuis la mort de Jovenel Moïse, dans un contexte de profonde instabilité politique et sécuritaire.
Face à l’aggravation de la crise, le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé fin septembre le déploiement d’une force internationale de 5 550 membres pour soutenir les autorités haïtiennes. Toutefois, cette mission n’est pas encore pleinement opérationnelle, même si un contingent de soldats tchadiens a déjà été déployé.
Selon un rapport récent de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la violence des gangs a déplacé plus de 1,4 million de personnes à travers le pays. Parmi elles, environ 200 000 vivent aujourd’hui dans des sites d’accueil surpeuplés et sous-financés dans la capitale.