En Afrique du Sud : les vignerons du Cap s’adaptent au changement climatique

Un homme charge du raisin sur une remorque au domaine viticole de Diemersdal, situé à la périphérie de Durbanville, en Afrique du Sud, le mardi 26 février 2008.   -  
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Les vignerons de la province du Cap-Occidental, en Afrique du Sud, commencent à ressentir les effets du changement climatique. Selon les scientifiques, la région connaît un réchauffement progressif, une tendance qui inquiète particulièrement les producteurs de vins de climat frais.

La vallée de Hemel en Aarde, près d’Hermanus, est réputée pour ses températures relativement modérées. Elle abrite notamment Creation Wines, un domaine reconnu pour ses pinots noirs et chardonnays, régulièrement classé parmi les dix meilleurs vignobles au monde dans le palmarès World’s 50 Best Vineyards.

Pour le vigneron Jean-Claude Martin, originaire de Suisse, le changement climatique représente déjà un enjeu majeur. Son domaine est spécialisé dans les vins de climat frais, un positionnement de plus en plus fragile dans une région qui se réchauffe. Selon lui, la vallée bénéficie encore d’un avantage naturel : la proximité de l’océan, qui joue un rôle régulateur : nous avons la chance, pour l’instant, de ne pas subir de changements majeurs. Notre climat n’est pas continental : l’océan agit comme un facteur d’équilibre. Tant que sa température reste stable, nous n’observons pas encore de bouleversement radical , explique-t-il.

Mais même cette zone relativement tempérée doit désormais anticiper les effets du réchauffement. De nouvelles données de l’université de Stellenbosch montrent que la dernière récolte de raisin dans le Cap-Occidental a été la plus précoce jamais enregistrée.

La chercheuse Erna Blancquaert souligne que les cycles de maturation évoluent rapidement : traditionnellement, les raisins étaient récoltés entre la mi-janvier et mars. Dans les régions plus fraîches comme Hemel en Aarde, cela pouvait aller jusqu’en avril. Mais ces stades phénologiques avancent, et d’ici 2035, nous pourrions commencer les vendanges dès le mois de novembre », indique-t-elle.

Des récoltes plus précoces ont de nombreuses conséquences : disponibilité de la main-d’œuvre, organisation des travaux agricoles, mais aussi évolution des profils aromatiques et des styles de vin. Dans la vallée de Hemel en Aarde, les producteurs s’efforcent ainsi de garder une longueur d’avance sur un climat en mutation, afin de préserver l’identité et l’excellence de leurs vins.

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