État d'urgence dans la région du lac Tchad après des attaques de Boko Haram

Des soldats tchadiens devant un drapeau de Boko Haram dans la ville nigériane de Damasak, mars 2015.   -  
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Le Tchad a décrété jeudi soir l'état d'urgence pour une durée de 20 jours dans la région du lac Tchad, en proie au terrorisme djihadiste, quelques jours après que des attaques menées par Boko Haram ont coûté la vie à au moins 26 militaires.

Cette mesure intervient alors que le gouvernement de ce pays d'Afrique centrale a décrété un deuil national après que deux généraux, qui patrouillaient sur les îles de ce vaste lac frontalier, ont été tués mercredi dans une embuscade tendue par le groupe djihadiste. Cette attaque faisait suite de près à une attaque contre la base militaire de Barka Tolorom, sur la rive tchadienne du lac, qui a fait au moins 24 morts et plusieurs blessés parmi les soldats, selon une source militaire.

Le décret gouvernemental de jeudi a décrété que l'état d'urgence serait en vigueur « du 7 mai 2026 à minuit jusqu'au 27 mai 2026 à minuit », ajoutant que la frontière serait fermée et qu'un couvre-feu serait imposé. Dans une allocution diffusée jeudi soir à la télévision nationale tchadienne, le porte-parole du gouvernement, Gassim Cherif, a précisé que cette mesure permettait « de procéder à l’arrestation des suspects et à leur détention provisoire, ainsi que d’interdire la circulation des personnes, des véhicules, des motos et des bateaux à moteur ».

À cheval sur les frontières du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Nigeria, les nombreuses îles du lac Tchad ont longtemps servi de refuge aux combattants de Boko Haram et de son groupe dissident rival, la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (ISWAP). Les soldats sont de plus en plus la cible des tirs de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, une attaque perpétrée en octobre 2024 ayant fait quelque 40 morts dans les rangs de l’armée tchadienne.

Ces derniers mois ont également vu une recrudescence des attaques menées par la faction JAS du groupe, notamment des enlèvements et des attaques contre des positions avancées de l’armée, en particulier sur les îles et le long de la partie nigérienne des rives du lac. En réponse à l’attaque d’octobre 2024, Deby a lancé une contre-offensive qu’il s’est engagé à mener « personnellement » sur le terrain pendant deux semaines. À l'issue de cette offensive, en février 2025, l'armée a affirmé que Boko Haram n'avait « plus aucun refuge sur le territoire tchadien ».

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