Depuis le 1er mai 2026, le gouvernement béninois a appliqué une révision des prix des carburants, en réponse à la hausse des coûts sur le marché international.
Bénin : la hausse des prix du carburant entre en vigueur sous haute surveillance
La nouvelle grille tarifaire fixe notamment le prix de l’essence à 725 francs CFA le litre, celui du diesel à 750 francs CFA et du kérosène à 1 040 francs CFA. Cette augmentation, par rapport aux tarifs de janvier 2025 (695 francs CFA pour l’essence et 720 francs CFA pour le diesel), a suscité des réactions contrastées sur le terrain.
Grâce à des contrôles gouvernementaux renforcés, les stations-service, notamment à Cotonou, Porto-Novo et Parakou, appliquent majoritairement les nouveaux tarifs. Cependant, cette hausse a eu un impact direct sur la fréquentation, comme le souligne Elie Aïnounkounkin, pompiste au Bénin : « Comme vous le savez, cette augmentation a découragé les clients. Certains ne viennent plus du tout. »
Le marché informel, une réalité complexe
Dans le secteur informel, les prix restent variables et instables. Avant même la révision officielle, ils oscillaient déjà entre 650 et 800 francs CFA le litre, avec des hausses plus marquées dans les zones reculées. Cette disparité s’explique en grande partie par la dépendance aux importations en provenance du Nigeria, où les perturbations (guerre, attaques de navires, blocages logistiques) affectent directement l’approvisionnement du Bénin.
Henri Assogba, vendeur informel de carburant, explique : Autrefois, le Nigeria exportait son pétrole brut vers l’Est pour le raffiner. Mais avec la guerre et les navires bombardés en mer, ce n’est plus possible. Comme le Nigeria est lui-même bloqué, la situation nous impacte aussi.