Comment le conflit djihadiste qui ravage le Burkina Faso, a-t-il ruiné d’innombrables enfances ? C’est à cette question que tente les acrobates du Cirque Dafra, dans leur spectacle baptisé ‘’ souffle’’.
Burkina Faso : quand le '' souffle'' peut suffire à dénoncer l'insécurité
Présenté à Abidjan, en Côte d’Ivoire, il a abordé les cauchemars djihadistes des enfants du Burkina Faso.
''Pour moi, “Souffle” (le titre de la pièce, NDLR) parle avant tout de l'humanité, de la vie et, comme le nom l'indique, du “souffle”. Car quand on parle de vie, on parle d'espoir, et l'espoir, ce sont les enfants.'', raconte Jean Adolphe Sanou, chorégraphe du cirque Dafra.
Depuis plus d’une décennie, le Burkina Faso est en proie aux exactions des djihadistes. Les enfants payent aussi le prix fort des violences. Rejoignant contre leur gré les rangs des groupes armés.
''La compagnie Dafra cirque prend position contre l'implication des enfants dans les guerres et contre les violences infligées aux enfants lors des conflits armés.'', affirme Moustapha Konaté, directeur artistique.
Ici l’art devient une arme permettant de dénoncer les affres que subissent les populations. Dans un contexte de quasi-confiscation de la liberté d’expression par ceux tiennent le gouvernail du pays.
''Quand je joue dans “Souffle”, je me sens révolté, et ça me permet de dénoncer ce que je ne peux pas dire par les mots.'', déclare Brice Ismael Kabore, artiste.
Selon l’ONU publié l’année dernière, les enfants ont souffert plus que toute autre partie de la population de la spirale de violence au Burkina Faso, plus de 2 000 d’entre eux ayant subi de graves abus entre 2022 et 2024.
C’est utile que des artistes montent des spectacles sur la violence terroriste au Burkina Faso, car cela nous permet aussi de voir à quel point les gens souffrent et comment cela affecte leur vie quotidienne.'', apprécie Yeli Gnougoh Coulibaly, spectatrice.
Le spectacle a permis aux acrobates de briser le silence sur cette situation, par les gestes qui plus est.